Ils ne sont pas près de me revoir

« Ça va certainement t’inspirer un article, hein ? »

Barbara venait de lire la chronique du jour d’Yves Boisvert sur le Marathon de Montréal. Je l’avais déjà lue.

Selon monsieur Boisvert, le groupe Competitor, propriétaire du Marathon depuis deux ans, a poussé la soif du profit à l’extrême limite pour l’édition de dimanche en coupant dans les dépenses et les services au coureurs tout en continuant de charger des montants prohibitifs pour l’inscription.

Des exemples ?  Tout d’abord, l’absence d’une élite digne de ce nom. Car si les Québécois ont monopolisé les podiums, il y a une bonne raison : l’organisation a décidé de ne payer ni de cachets, ni les dépenses des coureurs d’élite. Dans la même veine, les bourses aux premiers de chaque épreuve ont été tout simplement charcutées. Ainsi, le vainqueur, David Savard-Gagnon, a récolté 1500 $ pour ses efforts alors qu’il y a deux ans, c’est 10000 $ qui avaient été remis au Kenyan Luka Kipkemoi Chelimo pour sa victoire.

Ça, c’est supposément pour mettre l’accent sur le volet participatif de l’épreuve. Si au moins c’était vrai. Les inscriptions sont toujours aussi dispendieuses (50 $ pour le 5 km !) et pourtant, si on se fie à ce que monsieur Boisvert écrit (et ça m’a été confirmé aujourd’hui par un collègue de travail), il ne semblait pas y avoir plus de toilettes au départ que jadis, quand je faisais partie de la fête. Pourtant, à l’époque, il y avait moins de participants, sans compter que le marathon et le demi partaient espacés de 90 minutes dans le temps. L’affluence pour les petits besoins nerveux d’avant-course était donc forcément moindre et ça n’empêchait pas que plusieurs (dont moi) allaient se soulager dans les buissons pour éviter les interminables attentes. Alors j’ai peine à imaginer ce que ça devait avoir l’air dimanche…

Mais il y avait une façon d’éviter ça. Hé oui, moyennant la modique somme de 5$, les participants pouvaient se prévaloir d’un accès VIP aux toilettes. Je vous suggère fortement de lire la chronique de Boisvert, ne serait-ce seulement que pour cette partie: je ne pourrais définitivement pas mieux exprimer ce que j’en pense !

Autre irritant majeur: un point d’eau autour du 30e kilomètre qui a manqué… de verres !  Quoi, manquer de verres à un point si stratégique sur le parcours ?!?  Puis-je vous rappeler qu’il faisait frais et que le temps était couvert dimanche ? Une journée idéale (si on enlève la pluie) pour courir. Il serait arrivé quoi s’il avait fait le moindrement chaud ?  On s’enlignait sur un désastre, c’est certain. Déjà que le Marathon de Montréal est le plus avare que j’ai connu au niveau du nombre de points d’eau sur le parcours, ils se permettent en plus de manquer de verres ?  Dans le genre faire « amateurs », c’est dur à battre. Et c’est inacceptable.

Mais ce qui m’a le plus dérangé, c’est le fait qu’aucune couverture en aluminium n’était disponible pour les concurrents à l’arrivée. Ça, c’est tout simplement inadmissible. Il faisait frais, le temps était maussade. À la fin d’une longue course, le corps du coureur refroidit très rapidement, surtout par de telles conditions. À mon sens, c’est un manque total de respect de laisser des concurrents qui ont payé une centaine de dollars pour être là congeler sur place pendant qu’ils attendent leurs effets personnels.

Tout ça s’ajoute à un autre petit détail qui me chicotait déjà: le chiffre 32000 qu’on nous a servi ad nauseam dans les différents médias. « 32000 coureurs au Marathon de Montréal » qu’on pouvait lire ou entendre un peu partout. Certains prenaient soin de spécifier que ce nombre correspondait au total des participants de toutes les épreuves de l’événement, mais la grande majorité omettait de préciser que seulement environ 3000 de ces personnes prenaient part à l’épreuve-reine. J’ai même entendu le commentateur sportif Mario Langlois dire sur les ondes de 98.5 FM que David Savard-Gagnon « a été le premier des 32000 coureurs à franchir la ligne d’arrivée ». Vous allez me dire que les « experts » en sport, au Québec, quand on les sort du merveilleux monde du hockey, leurs connaissances… Mais il me semble qu’il y a des limites à dire des âneries quand on ne sait pas de quoi on parle.

Je crois sincèrement que cette confusion fait bien l’affaire de l’organisation. Ainsi, quand les gens font la comparaison avec les grands marathons, ils se disent : « On n’est pas si loin». Et pourtant, il y a un monde de différence et ça, il n’y a personne qui se donne la peine de l’expliquer. Heureusement cette année, je n’ai pas entendu notre ami Bruny Surin (que j’adore, soit dit en passant) nous dire que notre marathon était juste une coche en-dessous de Boston ou Chicago…

Ma conclusion : moi qui avais déjà une (grosse) dent contre notre Marathon, ils ne sont définitivement pas près de me revoir !

Je voudrais toutefois terminer le tout sur une note positive. Car peu importe à quelle épreuve prenaient part les 32000 personnes qui étaient là dimanche, le seul fait qu’elles aient pris la peine de s’inscrire, s’entrainer et se déplacer pour y être fait énormément plaisir. C’est dire à quel point les gens ont leur santé à cœur. Et ça, c’est tellement beau à voir… J’espère seulement que les nombreux faux-pas de l’organisation ne viendront pas décourager ces personnes et qu’elles continueront à pratiquer ce merveilleux sport, à la fois si simple et si satisfaisant.

Toutes mes félicitations à tous et à toutes !

Une grosse fin de semaine de course

Aujourd’hui, c’était la journée « En ville sans ma voiture ». Alors qu’ai-je fait ?  J’ai pris ma voiture pour rentrer en ville et me stationner au pied du Mont-Royal en vue de ma dernière randonnée dans la montagne de la cité pour cette année. Que voulez-vous, j’ai un petit peu l’esprit de contradiction et j’ai horreur de me faire dire quoi faire…

Bon, changement de sujet. C’est encore arrivé cette semaine: un collègue m’a demandé si je faisais le marathon ce week-end. À peu près tout le monde qui me connait le sait: je suis un coureur. Mais ceux qui ne me connaissent pas beaucoup (et/ou ne me lisent pas !) ignorent que j’entretiens un rapport complexe d’amour-haine avec le Marathon de Montréal. J’en ai parlé de long en large l’an passé, alors je n’y reviendrai pas. Mais en bref, malgré la proximité, donc le fait que la veille de la course, on dort (ou pas) dans son lit, qu’on mange « sa » nourriture, je passe encore mon tour cette année. De toute façon, le Vermont 50 était prévu pour la semaine prochaine et je ne voulais pas faire les deux.

Donc, comme l’an passé, je serai au mont St-Bruno quand le départ sera donné. Je serai avec vous en pensée, chers coureurs. J’ai quelques amis et connaissances qui y seront et il est certain que je vais suivre vos exploits de près dès que les résultats seront disponibles. Je vous souhaite la meilleure des chances et surtout, beaucoup, beaucoup de plaisir !

Tant qu’à suivre des courses à distance, il y en aura une autre qui attirera mon attention, encore plus que notre marathon: le Virgil Crest Ultra. Très difficile avec ses 22000 pieds de dénivelé positif (et autant dans le négatif), cette course de 100 milles fait partie de ma bucket list. Je ne sais pas quand je la ferai, mais ça va arriver, c’est certain.

Quelques Québécois y seront cette année, dont mes followers Joan et Pat (dont je suis également les blogues respectifs, ici et ici). Le départ sera donné demain matin à 6 heures et ce ne sera probablement pas avant le lever du soleil dimanche que nos amis termineront leur long périple dans les sentiers de l’état de New York. Bande de chanceux… Allez les gars, on est avec vous !  🙂

Coupe DIX30: un petit peu en retard sur la nouvelle

Je me suis dit que tant qu’à être en retard dans les nouvelles, aussi bien prendre mon temps pour commenter, n’est-ce pas ?  En effet, ce n’est que la semaine dernière que j’ai appris que la Coupe DIX30 n’aurait pas lieu cette année. Pourtant, la nouvelle était sortie depuis deux semaines, mais que voulez-vous…

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu le communiqué explicatif d’Éric Fournier, l’organisateur de cette série de courses. Pas besoin d’avoir suivi beaucoup de cours en psychologie pour sentir la déception et l’amertume de cet homme qui a mis beaucoup de temps et d’énergie dans ce projet, et le tout bénévolement. Quand quelqu’un démarre quelque chose, travaille fort, y croit et que finalement, ça ne marche pas (ou pas assez comme dans ce cas-ci), ça me fait toujours un petit pincement au coeur. J’ai toujours pensé que c’était une simple question de justice: quand on travaille fort, on devrait toujours être récompensé.

Cette série d’événements a tout de même reçu son lot de récompenses. Elle a entre autres été nommée “Événement de l’année” en 2011 par la Fédération québécoise d’athlétisme. Ce n’est pas rien… Quand on jetait un coup d’œil au site Web, on voyait que le tout était organisé de manière très professionnelle, avec des parcours certifiés, ce qui est loin d’être le cas partout ailleurs. Des efforts avaient été mis sur le développement de l’élite, tout en permettant une participation facilement accessible aux courses pour les coureurs récréatifs. Par contre, l’exigence d’un engagement de la part de l’élite a probablement nui à la série. En effet, “bloquer” un minimum de trois dimanches à un coureur de haut niveau, c’est beaucoup. Mais ça, c’est facile à dire par après…

Sauf que je me suis senti interpellé à quelques endroits dans ce communiqué et j’aimerais commenter. Tout d’abord, monsieur Fournier aurait souhaité une plus grande participation (entre 300 et 400 coureurs supplémentaires !) de la part des gens de la rive sud. En tant que résident de cette région, j’ai songé à m’inscrire à une ou deux épreuves au fil des années. Ça se déroulait près de chez nous, ça aurait été facile pour moi de m’y rendre. Sauf qu’il y avait un problème: moi, me taper une course en plein été, dans le stationnement et les rues du DIX30, ça ne me disait strictement rien (je sais qu’il y en avait ailleurs aussi, mais là n’est pas mon point). L’été, c’est la saison des BBQ et on n’a pas toujours le goût de se priver le samedi soir parce qu’on a un 10k dans la canicule le dimanche matin. Dans ma tête, les dimanches d’été, c’est pour faire la longue course relaxe, pas pour courir un 10k à fond la caisse sous le soleil de plomb.

Autre point où j’ai accroché: quand il énumère tous les genres d’événements auxquels les coureurs débutants sont confrontés. Il estime que ces nouveaux-venus ne savent pas où donner de la tête. Je peux comprendre la frustration d’un “puriste” pour qui la course à pied, c’est avant tout les 5 km, 10 km, demi-marathon et marathon sur route. Sauf qu’on n’est plus dans les années 80. Lors de ce premier boom de la course à pied, il n’y avait que ces épreuves dites “classiques” offertes aux coureurs et qu’est-ce qui est arrivé ?  Les gens ont commencé à trouver ça ennuyant et cessé d’aimer courir. Soudainement, le nombre de courses organisées s’est mis à diminuer dramatiquement. Peut-être qu’avec un plus vaste choix, la pratique de ce sport ne connaitra pas le creux qu’elle a connu dans les années 90, qui sait ?  En ce qui me concerne, j’aime beaucoup alterner route et sentiers. Est-ce mal ?  J’ai fait le Marathon de Montréal à 5 reprises (ouais, je me suis tapé la maudite rue des Carrières 5 fois !!!) et bien honnêtement, j’en ai soupé, malgré qu’ils aient modifié le parcours. Si l’option des ultras n’existait pas, est-ce que je serais aussi motivé de continuer aujourd’hui ?  Pas certain.

Mais là où je me suis senti visé, c’est quand il “dénonce” les coureurs qui pratiquent ce sport depuis seulement 3 ou 4 ans et qui deviennent entraineurs, blogueurs, conférenciers, […]. C’est évidemment le mot “blogueurs” qui m’a fait sursauter. Ouin chose, et puis après ? Ça ne faisait pas 6 ans que je courais quand j’ai commencé à écrire ce blogue, est-ce que ça fait de moi un taré pour autant ?  Je n’ai aucune prétention autre que raconter ce que je vis à la course et dire ce qui fonctionne et ne fonctionne pas pour moi. Quand je dis par exemple que je ne suis pas d’accord avec les méthodes d’un entraineur, c’est seulement mon opinion, rien de plus. Elle est basée sur des faits, j’essaie (je dis bien: j’essaie) de monter une argumentation qui se tient, mais ça demeure mon humble opinion. Je n’ai aucune formation en médecine, en éducation physique ou en nutrition. Je fais juste parler de mes expériences et c’est tout. Si la lecture de ce blogue incite les gens à vouloir se dépasser, que ce soit en se mettant à la course ou en envisageant un premier ultra, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de mal à ça. Et je ne vois surtout pas le rapport avec le fait qu’il ait été obligé de mettre la clé dans la porte de son organisation.

Ceci dit, je mets toutes ces frustrations exprimées sur le compte de l’amertume. Je voudrais souhaiter la meilleure des chances à monsieur Fournier dans ses projets futurs. Et si j’étais l’organisateur d’un événement de course à pied, je le contacterais dans les plus brefs délais car une expérience comme celle qu’il a su développer avec la coupe DIX30, c’est inestimable.

Stratégie ? Quelle stratégie ?

Voilà, la prochaine fois que je vais courir, ce sera durant le Marathon de Boston. J’avoue avoir peine à y croire… Les Olympiques des coureurs du dimanche et j’y serai. Wow.

Cette semaine, tel que prévu, j’ai fait mes deux sorties de 10 km, mardi et jeudi. À peu près tous les programmes d’entrainement suggèrent de prendre ça relaxe la semaine avant un marathon. Sauf que je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête, mais quand je pars pour 10 km, on dirait que je me dis « Bof, ce ne sera pas long de toute façon, alors… » Ça fait que j’avais beau essayer de me retenir, j’ai terminé avec des temps de 41:05 et 41:08. Je sais, beaucoup trop vite, vraiment pas fort de ma part… En plus du risque de blessure, je taxais mes jambes. Mais il y a un détail à ne pas négliger: le côté psychologique de la chose. Je n’étais pas totalement à fond et n’étais définitivement pas à bout de souffle en terminant, alors je me dis que la vitesse est bonne et qu’avec trois jours de repos, mes jambes devraient logiquement être capables d’endurer le quadruple de cette distance si je vais plus lentement…

Enfin, on verra bien. Pour le moment, la neige tant annoncée a (finalement) commencé à tomber. La dernière tempête de l’hiver qui obsède les gens alors que dans le fond, est-ce que ça dérange vraiment ?  Dans quelques jours, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Il m’arrive souvent de ne pas comprendre l’obsession que nous avons (et je m’inclus dans le lot) pour la météo. Qu’est-ce qu’on y peut de toute façon ?  Nous avions prévu partir tôt demain matin, question de pouvoir s’installer à l’hôtel et aller à l’expo-marathon avant sa fermeture, à 18h.  Mais s’il fait tempête, on retardera le départ de quelques heures et on ira à l’expo-marathon dimanche, c’est tout. Est-ce bien grave ?  Qu’est-ce qui nous fait plus de tort: s’en faire pour une chose sur laquelle on n’a aucun contrôle ou avoir à tout simplement s’adapter ?

Mais bon, tant qu`à être sur le sujet, la météo est optimiste pour le jour de la course: alternance de soleil et de nuages avec un maximum de 57 degrés Farenheit (14 Celcius). Le vent: 10-15 km/h du sud. Donc, pas vraiment de soucis à me faire de ce côté. Un vent d’est aurait été plus problématique…

La stratégie maintenant.  Heu, quelle stratégie au juste ?  Ben non, j’ai tout de même fait une petite base de devoirs… Mais pas tellement. J’ai regardé le profil du parcours (il est pas mal plus clair dans le petit guide qu’ils nous ont envoyé que sur cette page web), consulté les conseils d’experts, lu quelques récits de course, etc. Sauf qu’on dirait que je n’accroche pas. J’ai l’impression qu’ils en mettent plus que le client en demande.

Le parcours est descendant sur les 4 premiers milles, puis relativement plat sur les 12 suivants. Le gros du travail se retrouve entre les 16e et 21e milles où on retrouve les infâmes Newton Hills, la pire étant la désormais célèbre Heartbreak Hill, la quatrième et dernière du lot. Puis, les 5 derniers milles sont en descendant ou à peu près.

C’est un profil qui s’apparente un peu à ce que j’ai vu à Mississauga: début descendant, relativement plat par la suite, puis des montées-descentes dans la partie cruciale du parcours. La côte au 34e kilomètre me restera toujours en mémoire… En plus, les 17 derniers kilomètres avaient été parcourus avec un vent de 30 km/h dans le visage, sous la pluie. Je m’imagine difficilement de pires conditions pour un marathon.

Dans les récits, plusieurs ont dit que les montées des Newton Hills étaient surévaluées, mais que c’étaient plutôt les descentes à répétition qui avaient tué leurs quadriceps. Hein ?!?  Si c’est vrai, je suis en voiture. Heartbreak Hill aurait une pente de 4.5 – 5% et c’est la plus difficile. J’imagine que les descentes ne sont pas tellement plus abruptes (mais je ne peux en être absolument certain), alors je ne vois vraiment pas comment mes quads pourraient avoir de la difficulté à composer avec ça. Je pense qu’ils ont déjà vu pire… et sur une distance pas mal plus longue !  🙂

Ceci dit, il ne faut pas non plus partir en fou. Je me souviendrai toujours du monsieur qui m’avait raconté, avant le départ du Marathon de Montréal en 2010, que lui était parti vite parce que ça descendait, puis en avait payé le prix par la suite.  Il m’avait donc conseillé de faire attention. Je me suis toujours demandé pourquoi il m’avait dit ça vu qu’à ce moment-là, je n’étais pas qualifié… J’ai la tête d’un gars qui est supposé être qualifié pour Boston ou quoi ?

Je compte donc faire les premiers kilomètres bien sagement, en restant « en dedans » comme on dit. D’ailleurs, j’ai déjà remarqué qu’en course, ça va souvent très bien quand je me retiens, probablement parce que je suis plus détendu à ce moment-là. Je m’ajusterai ensuite. L’hydratation et l’alimentation joueront un rôle crucial, question de ne pas choker dans la partie de la course la plus difficile. Je n’ai toutefois pas de plan précis d’établi, je vais y aller à l’instinct. Ça m’a plutôt bien servi la dernière fois. 🙂

Toronto ou Mississauga ?

Ha le mois de janvier… Les grands froids (ben, pas vraiment ces derniers jours, mais ça va revenir), la neige, les journées qui allongent tranquillement. Pour bien des coureurs, c’est le moment de l’année pour établir le calendrier de compétitions pour les 12 mois à venir. Et pour plusieurs, un marathon au printemps, c’est définitivement un must. Ottawa semble le choix évident, mais il s’emplit vite (il est déjà vendu à 67%) et dans d’autres cas, il est aussi possible que le coureur ne soit pas disponible à la date prévue pour la course.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, au cours mes premières années dans le merveilleux monde de la course, je participais presque systématiquement à trois épreuves: le demi-marathon Scotia Bank de Montréal en avril, le Tour du Lac Brome en juin et le Marathon de Montréal en septembre.

Puis, en 2010, question de me tenir en « forme de course » plus longtemps durant l’année, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps et de laisser tomber le Lac Brome, que je trouvais trop « vulnérable » à la chaleur de toute façon. Le choix le plus simple pour un marathon au printemps était évidemment le Marathon d’Ottawa. En plus de se dérouler pas trop loin de chez moi, Steph, mon grand ami d’enfance, habite à Gatineau. Je pouvais donc squatter un hôtel pour vraiment pas cher. L’expérience a été magique: une course avec une organisation et une ambiance extraordinaires qui s’est conclue par un record personnel battu de 11 minutes. J’étais définitivement accroc.

2011 arriva et Barbara et moi avons décidé d’enfin nous payer LE voyage: deux semaines en amoureux à Paris. Sauf que je voulais absolument faire un marathon au printemps et nous voulions également éviter les grosses chaleurs de l’été dans la Ville Lumière. Et pas question de faire le marathon en revenant, je n’aurais pas profité du voyage. Ottawa étant à la fin mai, il était définitivement situé trop tard dans le calendrier. Que faire alors ?  Deux choix « potables » s’offraient à moi: Toronto et Mississauga.

Créé en 1977, le Marathon de Toronto était traditionnellement organisé en octobre. Cependant, un autre évènement d’envergure arriva dans le portrait en 2000: le Toronto WaterFront Marathon, qui avait lieu en septembre. Avec son parcours plat et ultra-rapide, il gagna rapidement en popularité et en prestige (ce que je trouve d’ailleurs très ironique: plus un marathon est facile, plus il est prestigieux !). Les problèmes de logistique (fermeture des rues, entre autres) rendit difficile la cohabitation entre les deux, ce qui força le plus petit à se déplacer au printemps pour l’édition 2011.

Ceci ne fit évidemment pas l’affaire de Mississauga (« le Laval ontarien »), la principale banlieue de la métropole du pays. En effet, le marathon de cette dernière avait lieu en mai depuis 2004, sans réel problème de concurrence. Et comble de malheur: les deux marathons allaient avoir lieu… le même jour !

J’ai donc passé des semaines à me poser la question: à quelle course participer ? Je suis allé voir sur des forums de discussions, consulté d’autres coureurs, rien de bien clair n’est ressorti pour m’aider à aiguiller mon choix. J’ai finalement opté pour Mississauga pour deux raisons: l’heure du départ (7h30 au lieu de 9h pour Toronto, qui s’est ravisé depuis) afin d’éviter le plus possible la chaleur (ça peut arriver) ainsi que la très grande facilité à trouver du stationnement tout près du départ. De plus, comme je voulais me qualifier pour Boston, on m’avait dit que le parcours s’y prêtait mieux.

Le jour de la course, un  crachin désagréable est tombé toute la journée, le tout agrémenté par un vent du nord-est à 25-30 km/h et des températures n’atteignant jamais les 10 degrés. Pour la chaleur, on repassera… Le parcours est orienté de façon à ce que les coureurs aient le vent dominant dans le dos sur les 16 derniers kilomètres. Le problème, c’est que le vent dominant, c’est celui du… sud-ouest ! Nous avons donc dû faire face une véritable tempête, mais j’ai tout de même réussi à me qualifier. Par contre, mon temps étant trop « sur la fesse », je n’ai pas été accepté pour Boston cette année-là. Ce n’était que partie remise. 🙂

Mais avec le recul, avais-je fait le bon choix ?  Je n’ai jamais participé à celui de Toronto, alors je ne peux pas être certain. Mais Mississauga, c’est plutôt… ordinaire.  Ha, c’est foutrement bien organisé au départ et à l’arrivée. C’est entre les deux que ça se gâche. Côté points d’eau, vraiment pas de problème, il y en a systématiquement aux deux kilomètres. Mais la course se déroule dans un anonymat presque complet. Nous avons traversé des quartiers résidentiels où les seuls spectateurs rencontrés étaient les gens qui travaillaient sur leur terrain. Des faces en point d’interrogation, j’en ai vu ce jour-là !

De plus, les indications n’étaient vraiment pas claires. À un moment donné, je me suis retrouvé sur une piste cyclable, sur le bord du lac Ontatrio, avec personne devant, ni derrière. J’ai définitivement douté être sur le bon chemin. Se perdre dans un ultra, ça fait partie de la game. Mais dans un marathon ?  Finalement, je n’étais pas perdu, mais je n’ai pas nécessairement un bon souvenir de l’expérience.

Pour vous prouver à quel point les indications étaient mauvaises, celui qui a terminé en première position a éventuellement été disqualifié pour avoir escamoté une partie du parcours. En effet, le chemin à suivre était tellement clair que le cycliste qui l’accompagnait a carrément loupé un détour vers le lac, détour qui comprenait la principale côte du parcours. Ça donne une idée de la présence extrêmement nombreuse des spectateurs sur le parcours, hein ? 😉  Comment on dit ça par chez nous ?  Ha oui: pas fort…

Cet incident a d’ailleurs nui à l’épreuve car la participation a significativement diminué en 2012. Donc, si vous avez à choisir entre les deux, bien que je ne connaisse pas Toronto, j’éviterais Mississauga. À une exception près, cependant: si vous visez un temps de 3h15. Car depuis des années, le lapin de 3h15 est le même et il se tape également ce boulot à Ottawa et au Waterfront. C’est une véritable horloge: il arrive immanquablement sur son temps à 10 secondes près. Vous n’aurez donc qu’à le suivre sans vous casser le ciboulot et il vous amènera à bon port.

Plus près de chez nous, le même jour qu’Ottawa, il y a le Vermont City Marathon, disputé à Burlington. Je ne le connais pas lui non plus, mais on n’en dit que du bien… mise à part son relief pas toujours facile. Je me promets bien d’y aller un jour… mais pas cette année.

Mes impressions

Petit bilan statistique personnel pour commencer.

Temps officiel: 3:06:10

Ça me donne le 576e rang sur 11635 participants.

Je termine 68e sur 979 dans ma catégorie, les hommes entre 40 et 44 ans.

Et un beau bonus: un deuxième negative split d’affilée. En effet, un deuxième demi plus rapide (1:32:44) que le premier (1:33:26). Pas mal, hein ? 😉  Ha oui, autre bonus: une qualification pour Boston en 2014. Bon, je ne penserais pas y aller, mais ça fait tout de même plaisir. 🙂

Bon, comme c’est maintenant devenu une tradition, je vous offre ce soir, chers lecteurs, mes impressions sur le Marathon de Philadelphie.

Parlons d’abord de tout ce qu’une telle course implique pour le coureur moyen. En premier lieu, l’accessibilité. Pour les gens qui habitent le Québec, se rendre sur place implique forcément un investissement de temps non négligeable. De notre petite banlieue de la rive sud de Montréal jusqu’à Philadelphie, on doit compter 700 kilomètres. Malgré le fait que le tout se fasse à 90% sur des autoroutes (et Dieu sait à quel point les autoroutes américaines sont agréables), on ne peut pas tellement s’en sortir en moins de 8 heures de déplacement. Comme il y a peu de vols directs entre les deux villes, nous n’avons pas vraiment considéré l’avion comme option. De plus, avec les délais impliqués (sécurité, douanes, taxis, etc.) pour se rendre, nous n’aurions pas sauvé beaucoup de temps en bout de ligne, sans compter des dépenses qui auraient été accrues considérablement.

Côté logement, Philadelphie offre un très large éventail d’hôtels. Il y en a beaucoup dans la ville et les principaux ont la particularité très appréciée d’être situés tout près du départ. Donc, aucun transport/stationnement/délai à prévoir avant la course. Un souci de moins. De plus, je ne sais pas si c’était le cas pour tous les hôtels associés au Marathon, mais le nôtre nous a donné l’option de quitter à 14h au lieu de midi comme c’est habituellement la politique. Ces deux heures supplémentaires ont été les bienvenues car elles m’ont permis de prendre une douche et ensuite de m’occuper de la manipulation des bagages, ce que Barbara ne peut pas faire. Un gros “thumb up” au Sonesta !  🙂  Bon, le stationnement coûtait 36$ par jour, mais on ne peut pas tout avoir…

Côté bouffe, il y en a pour tous les goûts. Personnellement, je suis plutôt du genre capricieux avant une course, alors je préfère manger “maison” le plus possible. Aussi, on retrouve au centre-ville plusieurs petits marchés où on peut facilement dénicher quelque chose de frais. Nous n’avons malheureusement pas pu trouver un hôtel avec une petite cuisine ou à tout le moins, un four à micro-ondes, mais nous nous sommes débrouillés. Des pâtes froides la veille d’un marathon, je le confirme: ça marche !

La course en tant que tel maintenant. Mon jugement est peut-être biaisé par ma performance, mais bon… J’ai trouvé l’organisation assez bien rodée merci. Les participants disposaient de beaucoup d’endroits pour les besoins naturels, autant au départ (où les Johnny on the spot étaient très bien distribués sur le site au lieu d’être tous réunis au même endroit) que sur le parcours, les points d’eau étaient nombreux, bien fournis et bien occupés par des bénévoles efficaces et enthousiastes. De plus, on pouvait attraper des gels au passage à quelques endroits déterminés. Les couloirs étaient bien identifiés et les départs par vagues se sont très bien déroulés. La crainte de la grosse foule que j’avais s’est dissipée avant même le départ.

Le parcours maintenant. La première moitié nous fait faire un tour de ville ou à peu près. Les coureurs  peuvent admirer l’architecture et aussi visiter certains quartiers typiques. Le trajet évite les secteurs “pavés” du Vieux Philadelphie et demeure sur l’asphalte en permanence. Un gros plus, car les pavés, bien que pittoresques, sont très durs et surtout, dangereux pour les chevilles. Mis à part le bout sur Columbus, le long du Delaware, le touriste peut se rincer l’oeil à souhait durant les 21 premiers kilomètres.

Par contre, la deuxième moitié, avec son principe “aller-retour”, peut se vivre difficilement côté moral. Je ne suis vraiment pas un fan et me compte chanceux d’avoir eu une bonne course. De plus, les demi-tours finissent par agacer. Mais cette deuxième moitié se déroule tout de même sur les bords d’une rivière, à l’intérieur d’un parc, alors la vue demeure très agréable.

Côté relief, il s’agit indéniablement d’un parcours rapide, peut-être pas autant qu’Ottawa, mais dans la même catégorie. Les quelques obstacles qu’on y retrouve se franchissent sans problème. La course se déroulant à la mi-novembre, avec un départ à 7 heures le matin, la probabilité que la chaleur soit de la partie tend vers zéro. Comme c’est la fin de saison pour la plupart des gens, on peut dire que les éléments y sont réunis pour viser une performance.

Pour ce qui est de l’ambiance, nous avons constaté une chose: la vile est marathon durant toute la fin de semaine. Il y a des affiches partout, la statue de Rocky porte fièrement le t-shirt de l’événement, le maire participe à la fête du début à la fin. J’avais l’impression de faire partie d’un party pour toute la ville, tout comme à Ottawa. Des spectateurs par milliers, un parcours qui arpente les rues principales, que demander de plus ? Tout le contraire de Montréal où on a parfois l’impression de déranger et où les artères majeures sont tout simplement évitées. Les mots du commentateur sportif Jeremy Filosa me viennent encore en tête: “Qu’y fassent donc ça sur le circuit Gilles-Villeneuve, leur marathon, j’ai été pogné dans le trafic !”. Je ne sais même pas si je dois me donner la peine de le traiter d’imbécile ou pas. Oups, je l’ai fait ! 😉  À l’époque, Yves Boisvert avait été un peu plus diplomate que moi… Mais quelle efficacité dans le verbe, vous ne trouvez pas ?

Au final,  je recommande cette épreuve à tous, peu importe votre niveau, peu importe si vous courez le demi ou le marathon. C’est définitivement à vivre une fois dans sa vie de coureur !  🙂

Journée « la tête ailleurs »

Au moment d’écrire ces lignes, mes « collègues marathoniens » sont encore à se mesurer au nouveau parcours du marathon de Montréal. Il fait beau et frais, température idéale pour performer… s’il ne ventait pas à ce point !  Disons que le bout sur St-Joseph, entre Pie IX et le parc Lafontaine, doit être assez pénible merci…

Pour moi, c’était la dernière sortie en sentiers au mont St-Bruno aujourd’hui. Un petit 20 km que j’ai évidemment fait trop rapidement. Rien à signaler, à part une section de MON sentier des Lacs qui était fermé à cause d’une chouette rayée qui s’amuse à attaquer les passants, « particulièrement les coureurs comme vous » m’a précisé un gentil préposé (ça devait être parce qu’il conduisait un cart et non un pickup).

Mes pensées de coureur étaient définitivement ailleurs ce matin. À part à Montréal (évidemment), elles étaient en partie à Virgil Crest, où mon « modèle » dans le monde de la course en sentiers, Patrice Godin, a dû s’arrêter à la mi-course hier en fin de journée. J’ai hâte de savoir pourquoi, en espérant qu’il ne soit pas blessé.  Je pensais aussi à Boston, aux nouvelles que je devrais recevoir demain à ce sujet. Et finalement, je songeais à toute la logistique entourant la fin de semaine prochaine. Comme la météo est incertaine, nous devrons tout prévoir côté vêtements et ça risque de prendre pas mal de place. Et quand on est nouveau dans quelque chose, on en traine toujours plus que nécessaire…

Bref, les kilomètres ont passé sans que je m’en rende vraiment compte. L’idéal serait que ce soit encore comme ça la semaine prochaine !  🙂

Le marathon pour les nuls: la stratégie (spécial marathon de Montréal)

C’est avec un brin de nostalgie que je vois la fin de semaine se pointer. Car ce dimanche aura lieu le marathon de Montréal et pour la première fois depuis que je suis devenu marathonien, je ne serai pas de la fête. J’en ai expliqué mes raisons dans un article  précédent, la principale étant évidemment ma participation au Vermont 50 le dimanche suivant et qu’il n’est vraiment pas recommandé de se taper deux épreuves aussi longues à une semaine d’intervalle. Mais bon, disons que ma tête sera ailleurs quand je parcourrai les sentiers du mont St-Bruno pour la dernière fois (avant le Vermont, on s’entend !) dimanche.

L’occasion est toutefois excellente pour un nouvel article dans la lignée des « marathons pour les nuls ». Ce soir, discutons donc stratégie.

Encore une fois, je me base seulement sur mon expérience pour écrire ce qui suit. Ce qui marche pour moi ne marchera peut-être pas pour vous. Mais bon, il y a tout de même des principes qui peuvent s’appliquer. Et bien que je parle plus de marathon, tout ce que je vais dire s’applique également au demi-marathon et même, au 10 km.

Ok, allons-y. Votre corps a été entrainé, vous êtes en période de « tapering » (diminution de l’entrainement pour reposer le corps avant le grand jour, de façon à créer un effet de manque, en quelque sorte). Maintenant, que reste-t-il à faire ?  Chose que je fais toujours: aller voir la carte du parcours. Et les dénivelés. Ça me permet de planifier ma stratégie de course: où faire attention, où attaquer.  Sans oublier les faux-plats qui sont particulièrement mortels en course longue distance. Il faut savoir où ils sont de façon à ralentir quand on arrive dans ces secteurs.

À chaque marathon, je deviens également obsédé par la météo. Pas tellement le temps qu’il fera, mais surtout la température. Ordinairement, les prévisions sont plutôt précises de ce côté, même quelques jours à l’avance, ce qui me fascinera toujours. La température pour dimanche semble vouloir être favorable: 15-16 degrés. Pour les averses, il ne fait pas s’en faire. Autre élément: le vent. Lui aussi a une importance sur la stratégie. Pour ma part, je m’arrange toujours pour être en groupe dans les parties avec vent défavorable et accélère (si je suis capable !) quand j’ai le vent dans le dos.

Maintenant, que faire la veille de la course ?  Depuis cette année, je ne cours plus la veille. Une petite promenade avec mon chien suffit. Le reste de la journée ?  Je suis en mode « plante verte », comme le dit si bien mon épouse: je bois de l’eau. Beaucoup d’eau. Et je passe mon temps aux toilettes. Le but ?  Tenir le réservoir plein côté hydratation. Le dernier souper quant à lui est le classique: des pâtes. Mais rien d’extravagant: ce n’est pas le temps de faire de nouveaux essais côté gastronomie.

Des problèmes à dormir ?  Moi aussi.  Il ne faut vraiment pas s’en faire. Si la semaine a été correcte au niveau sommeil, une nuit blanche ne devrait pas affecter les performances. J’ai fait de loin ma meilleure course à Ottawa cette année avec 3 heures de sommeil dans le corps. Un ami m’a déjà suggéré de prendre des pilules pour dormir. Ma réponse: JAMAIS !!!  La raison ?  À moins de l’avoir testé à l’entrainement (ce qui est très peu probable), on ne connait pas les autres effets d’un médicament sur l’organisme. Certains déshydratent, d’autres peuvent causer des nausées, diarrhées, etc. Sans compter que l’effet somnolence pourrait évidemment être encore présent, causant bien plus de tort à la performance qu’une nuit sans sommeil.

Le matin, je suggère de vous laisser le plus de temps possible pour vous rendre sur place. Car des imprévus, il y en a toujours et une course, ça n’arrive pas souvent. Ce serait tellement bête de manquer le départ… Par exemple, cette année, le départ du demi et du marathon se feront simultanément. Ça veut dire beaucoup, beaucoup de monde pour la station de métro Jean-Drapeau. Il vaut mieux arriver trop tôt que trop tard…

Pour le déjeuner, encore là, rien d’extraordinaire. Certains suggèrent de manger moins, à cause de la nervosité. Pour ma part, comme il y a plus de temps que d’habitude entre le moment du repas et l’heure où je commence à courir, je mange la même quantité, mais traine un bagel supplémentaire pour manger tranquillement,  jusqu’à une heure avant le départ.

Au départ, il est important de se placer au bon endroit de façon à ne pas nuire aux coureurs plus rapides et ne pas avoir des coureurs plus lents dans les jambes non plus. C’est fou le temps qu’on peut perdre dans les 2-3 premiers kilomètres quand on est mal placé… Les pancartes indiquant où se placer dans le peloton au départ selon le temps visé sont difficiles à manquer, ça aide de les suivre… même si ce n’est pas tout le monde qui les comprend, semble-t-il.

Pour la course de la fin de semaine, petit conseil du gars qui y va souvent: tenez-vous dans le milieu du chemin dans la descente vers le fleuve peu après avoir quitté le pont Jacques-Cartier. Car après la caserne des pompiers, le chemin est très abîmé et les nids-de-poule se comptent par dizaines sur les côtés. Une fois rendus sur les bords du fleuve, vous pourrez y aller plus à votre guise.

En ce qui concerne la cadence à suivre, ça dépend évidemment de chacun. Mais je sais par expérience que si on part trop vite, on le paie toujours cher à la fin. Et conserver une vitesse constante est toujours mieux qu’y aller par variations brusques. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de suivre un lapin de cadence, bien évidemment. Mais n’oubliez pas que ce sont des êtres humains, pas des machines, alors il se peut qu’ils aient de la difficulté à garder une vitesse uniforme. Surtout que ce n’est pas leur vitesse « naturelle »…  Autre avantage des lapins de cadence: ils sont toujours accompagnés de grands groupes. Donc, il n’y a pas meilleur moyen de courir à l’abri du vent sans passer son temps à regarder le chrono.

Côté hydratation, je ne suis pas une référence: je bois plus que la moyenne. Quand la température est bonne, c’est une ou deux gorgées de Gatorade à tous les deux kilomètres et deux verres d’eau à chaque point d’eau. Vaut mieux être obligé de faire une pause-pipi que d’être déshydraté au 32e kilomètre…

En ce qui concerne les points particuliers à surveiller sur le parcours, voici les opinions de celui qui connait la première moitié par coeur, mais ne connait pas la deuxième partie, nouvelle de cette année. Donc, gens du demi, ceci est pour vous. Jusqu’au 10e kilomètre, le parcours sillonne le parc Jean-Drapeau. C’est un endroit plutôt plat et facile. Il faut toutefois se méfier du vent. Celui-ci peut d’ailleurs être problématique sur le pont de la Concorde et en passant devant Habitat 67 (à ne pas manquer si vous n’avez pas l’occasion de voir ça souvent !).

Autre chose à ne pas oublier: si vous courez au niveau du fleuve, c’est qu’il vous reste des côtes à monter, car l’arrivée est située sur le plateau Mont-Royal, donc plus haut en altitude. Gardez-vous des forces !  Deux montées ne sont pas à négliger: la place Jacques-Cartier au 15e kilomètre (très bonne idée des organisateurs, c’est beaucoup plus joli que la montée St-Laurent par où passait l’ancien parcours) et évidemment, la fameuse côte Berri au 19e. Pour le reste du parcours, je me méfierais de St-Joseph où le vent risque de jouer un rôle majeur, mais surtout de Christophe-Colomb vers le nord. Je suis persuadé qu’il s’agit d’un long faux-plat ascendant. Si je participais, j’irais y faire une petite reconnaissance… Et Pie IX, dont la montée n’est pas faite au complet, mais en partie. Hum…

Finalement, un conseil que je tente d’appliquer moi-même à chaque fois: relaxez !  Ça court toujours mieux quand on est relaxe. Ce qui m’aide, c’est jaser un peu avec le monde, passer des commentaires, essayer de faire des blagues. Parce que oui, on est supposé être capable parler, sinon, c’est une signe qu’on va trop vite… Et quand on s’amuse, les kilomètres passent sans qu’on s’en rende compte.

Bonne chance à toutes et à tous !  🙂