Xtrail Asics Orford: jusqu’au pied de la montagne

Je m’étais pourtant dit que je ne ferais qu’un seul billet sur cette course-là. 11.5 km relaxes avec des amis, je n’en aurais pas tant que ça à dire, non ?  Hé bien oui. Voici donc la première partie du récit de ma journée de samedi.

En arrivant au mont Orford autour de 8h15-8h30 samedi matin, un gentil bénévole chargé de nous faire payer le stationnement m’a accueilli. “Vous venez pour la course ?”. Non, pour le ski, que j’ai répondu. Ça a l’air que je n’étais pas le premier à la sortir celle-là (duh !). Ouais, pas ma meilleure, en effet. “En tout cas, bonne chance !  Vous allez en avoir besoin…”  Comment ça ?  C’est quoi, cette affirmation gratuite-là ?  Penses-tu vraiment qu’elle me fait peur, ta montagne de feffi ?  Je viens ici pour un entrainement cool avec mes chums, moi…

En me garant, j’ai tout de suite senti la fébrilité dans l’air. Pourtant, le départ n’était qu’à 10h15… Puis j’ai allumé: le 23 km, l’épreuve principale, partait à 9h. D’ailleurs, à voir les gens qui se promenaient,  c’était évident qu’ils se préparaient pour une course difficile.

Je me suis dirigé vers le chalet où avait lieu la remise des dossards. Tout s’est passé rondement. Bien évidemment, personne ne m’a demandé la preuve que j’avais un droit d’accès au parc. Je me demande bien pourquoi ils font payer un surplus aux gens s’ils ne vérifient pas ceux qui, comme moi, prétendent avoir déjà leur droit d’accès. Enfin… (pour votre info, j’avais mon droit d’accès sur moi)

Le chalet de ski à Orford est spacieux et offre une très belle vue sur les trois monts qui forment la station. J’ai donc pu m’installer à une table pour lire un peu et grignoter tout en attendant que le départ soit donné. Pouvais-je demander mieux ? J’ai cru reconnaitre quelques visages, dont celui de Florent Bouguin, gagnant du 65 km au Harricana. À la table à côté de la mienne, une fille racontait ses “exploits”, jouant à la grande habituée. Hé, on a beau être dans un chalet de ski, savais-tu chose que ce n’est pas tellement dans la tradition de ce sport-ci de parler plutôt qu’agir ?  Je sais qu’en ce qui concerne l’autre sport…

Après le départ, je suis retourné à l’auto pour enfiler ma tenue de course, ai lu encore un peu, puis suis revenu tranquillement. J’adore les événements où je ne compétitionne pas vraiment: aucun stress, aucune inquiétude en rapport à l’alimentation ou l’équipement. Je vis juste le plaisir d’être là. Une vraie belle journée de congé.

Je suis revenu au bas des pentes juste à temps pour assister à l’arrivée du 20 km cross country, une épreuve moins technique que le 23 km en sentiers, mais plus difficile que le 11.5. On annonçait déjà que le premier était passé au sommet et on l’attendait d’une minute à l’autre. C’était Sébastien Roulier, j’en étais certain. Le mont Orford, c’est son terrain de jeux. En plus, dans une course moins technique, ça aurait pris une très grosse pointure pour le devancer.

L’annonceur s’est mis à s’époumoner quand on a commencé à apercevoir Seb en haut de la dernière descente. Les organisateurs avaient prévu 1h40 pour le gagnant, Seb s’enlignait pour faire 1h36. Comme de raison, il a traversé la ligne tout sourire et sitôt arrivé, il avait un micro planté sous le nez et une caméra dans le visage (c’était le même gars qui tenait la caméra et le micro, ça faisait un petit peu Cégep, si vous voulez mon avis). Les joies d’être une vedette locale. Quant à moi, ce 1h36 (1:35:47, en vérité) me disait une chose: j’aurais eu bien de la difficulté à descendre sous les deux heures sur ce parcours-là. Ça a pris plus de 5 minutes avant qu’un autre coureur daigne se montrer le bout du nez.

Après avoir dit “que c’était facile pour Sébastien de faire un 20 km, vu qu’il était habitué à 40, 60, 80…”, l’annonceur s’est pris d’une autre obsession: la première femme. C’est parce que ladite première femme à s’être présentée au sommet était Lyne Bessette. À chaque gars qui se pointait, il nous annonçait Lyne, au point où ça en était devenu ridicule. Il y a probablement quelqu’un qui s’est écoeuré et lui a précisé que Bessette était habillée en rose. Ça nous a épargné quelques exclamations à chaque fois qu’un nouveau coureur apparaissait.

Quand elle a fini par arriver en 9e position, il s’est mis à chanter ses louanges, la vantant des ses exploits des dernières semaines. Elle avait entre autres gagné une course de cyclo-cross dans la région. Heu, c’était supposé nous impressionner ?  On parle d’une ancienne cycliste de niveau olympique qui n’a pas encore 40 ans, c’est normal qu’elle gagne ces courses-là… “Tu devrais retourner aux Olympiques, Lyne !”. Elle a fait signe que non et effectivement, je ne vois pas ce qu’elle pourrait faire là. Pour ma part, c’est plus son temps qui m’intéressait: 1:46:12. Wow, moi qui me demandais si je pouvais me comparer à elle, j’ai eu ma réponse: non. Pourtant, elle avait fait 9h24 au Vermont 50 en 2011. Serait-elle moins forte sur les plus longues distances ?

Mes chums Daniel et Sylvain sont arrivés sur les entre-faits. Ça tombait bien, l’annonceur commençait vraiment à me les taper (vous allez me dire que je n’étais pas obligé de rester là et vous auriez bien raison). Ou bien il ne connait pas la course, ou bien il ne savait pas quoi dire. Il était maintenant rendu à enfiler les commentaires très profanes à propos des distances. Faire un 20 km en montagnes, même pour un athlète comme Sébastien Roulier, ce n’est pas nécessairement facile si c’est fait à pleine vitesse. Il en a passé un autre plus tard à propos du gagnant du 5 km, Alister Gardner, qui “était venu se reposer”. Ha oui ?  Et les grands marathoniens, ils se “reposent” quand ils viennent faire le 10 km à Ottawa je suppose ?

Bon, trêve de chiâlage… pour le moment. Coup d’oeil à mes deux amis: ils avaient l’air de bonne humeur, détendus, heureux d’être là. C’est vrai que l’endroit est superbe et la météo l’était également. Ok, Daniel, dont c’était la première compétition officielle, semblait un peu plus nerveux. Il me posait plein de questions à propos de la montagne, si j’avais déjà fait plus difficile (non), si j’avais déjà fait un marathon à la pluie (ça oui !), etc. Mais quand on le connait, on sait que pour lui, ce n’est pas ça être nerveux !  😉

Le temps s’est ensuite mis à filer. Poignée de main à Seb pour le féliciter, réchauffements et c’était déjà la première vague du 11.5 km qui partait. Le dernier coureur avait à peine disparu du premier virage que l’aire de départ était déjà bondée de gens de la deuxième vague. Shit, on allait devoir se placer derrière. Je savais que mes chums étaient au moins des coureurs de milieu de ce peloton, sinon mieux, alors nous allions avoir des problèmes de circulation dans les premiers kilomètres. Mais ça n’avait pas l’air de déranger les principaux intéressés. Peut-être suis-je trop compétitif…

En sentiers, on dirait que tout est plus smooth. Ainsi, je n’ai pas remarqué de précipitation au départ, ce qui est une bonne chose. Les premiers kilomètres se faisaient dans un sentier de ski de fond, en descente en bonne partie. Vraiment chouette comme endroit, il faudrait bien que je vienne m’y entrainer une fois de temps en temps. À 1h15 de chez moi, ce n’est pas si loin…

Je ne sais pas si Sylvain a couru dans les traces laissées par les VTT durant les 3 premiers kilomètres. Il passait son temps à courir dans l’herbe longue pour dépasser des gens. Moi, je suivais sans broncher, Daniel également. Nous étions définitivement mal placés dans le peloton au départ. Par contre, les dépassements se faisaient bien, les sentiers étant suffisamment larges.

Principe universel en sentiers: tout ce qui descend, remonte !  Tout au long de la semaine, je me demandais lequel des deux amis j’allais suivre: le plus lent ou le plus rapide ?  Puis, comme l’arrivée était située à la fin d’une longue descente, j’ai décidé d’accompagner Sylvain car je savais que Daniel me laisserait dans la brume dans la descente.

Habitué à son Mont St-Hilaire, Sylvain se débrouille bien dans les montées. Donc, quand nous avons frappé les premières, il conservait un bon rythme, dépassant plus de gens qu’il ne se faisait dépasser. Après 5 kilomètres couverts à une bonne cadence, la pièce de résistance se présenta à nous: le Mont Orford dans toute sa splendeur. Ce n’était pas compliqué: il fallait le monter, puis le descendre. Facile, hein ?

Répétition générale

« N’oublie pas qu’il faut que tu fasses de la route demain ! »

C’était ma douce moitié qui jouait le rôle de ma conscience au moment du dodo hier soir. Elle avait raison: il fallait que je fasse un vrai entrainement sur route deux semaines avant le dernier grand rendez-vous de la saison, le Marathon de New York. Pas question d’aller s’épivarder dans le bois comme un petit gars, fallait que j’agisse en adulte, pour une fois.

Pour moi, cette dernière sortie semi-longue avant un marathon sert toujours de répétition générale avant la course. 25 km que je fais à un rythme modéré, près de celui anticipé pour la course (je sais que ce n’est pas ce qu’on est supposé faire, mais c’est ce que je fais, bon), avec l’équipement que je compte utiliser ce jour-là: souliers, casquette, shorts, ceinture d’hydratation, gels, etc. Aussi, contrairement à mes sorties de semaine, pas question de m’arrêter. En effet, quand je reviens du boulot, je dois m’arrêter assez souvent: pour traverser une intersection, passer sous le pont Jacques-Cartier pour aller rejoindre le trottoir piétonnier, me masser les tendons du genou ou simplement pour jaser avec un ami qu’il m’arrive de croiser en chemin. Veux, veux pas, ces petites pauses sont des moments de repos et faussent un peu le rythme véritable qu’on peut tenir sur une certaine distance. Cette fois-ci, je voulais faire comme en course, soit continuer peu importe les circonstances.

Première surprise en me levant: il était 6h30 à peine qu’il ventait déjà à écorner un boeuf. Merde, comment évaluer correctement si une cadence est la bonne dans de telles conditions ?  Deuxième surprise: en me rendant récupérer mes souliers de route au sous-sol, mes quads m’ont fait savoir qu’ils avaient trouvé pas mal difficile la descente du mont Orford hier (j’y reviendrai au cours des prochains jours). J’étais racké d’une course de 11.5 km faite pour le plaisir !  Double merde !

 Je bougonnais en me rendant au bout de la rue en trottinant pour m’échauffer. J’aurais dû aller en sentiers que je me disais. Le foutu vent, il ne nous dérange pas, dans le bois. En plus, il faisait beau, ça devait encore débile dans mon terrain de jeux. J’essayais de demeurer positif, de me dire que si je faisais une bonne sortie dans ces conditions, ce serait très encourageant pour New York… Rien à faire, je voulais être ailleurs.

Je suis parti avec comme objectif de faire du 4:25/km. Ça ne devrait pas être trop difficile, non ?  Ouais, mais le vent, les quads… et le souper arrosé d’hier soir…

J’ai évité d’affronter Éole pendant 5-6 kilomètres, me contentant de zigzaguer dans les petites rues. Mais à un moment donné, il a bien fallu que je me le tape. Sur les bords du fleuve, il était terrible. Je devais le combattre sans cesse, courant à angle pour compenser. Au 7e kilomètre, ma montre a sonné: 4:33. Quoi, un kilomètre en 4:33 dans cette tempête et ce, sans y mettre toute la gomme ? Finalement, ce serait peut-être une bonne sortie…

J’ai réussi à traverser le pont des écluses juste avant qu’il lève et me suis dirigé vers le parc. Le vent était à son apogée, mais je réussissais à tenir un rythme acceptable. En arrivant au récréo-parc, un peu plus à l’abri, ma moyenne était rendue à 4:23. Dans les circonstances, on peut dire que tout allait bien.

Je l’avoue, je n’ai pas respecté ma promesse de ne pas m’arrêter. La raison: Charlotte qui prenait sa marche matinale et voulait absolument un câlin de son « papa ». Et je n’étais pas pour passer à côté de ma femme sans l’embrasser, pas vrai ?  🙂

Il me restait 14 km à faire quand je suis reparti et ils sont passés sans histoire. Au final, une moyenne à 4:21, ce qui est amplement satisfaisant. Les genoux n’ont pas bronché, je crois que je peux leur faire confiance pour dans deux semaines, surtout que je serai en tapering et ne dépasserai plus 16 km au cours des 14 prochains jours.

J’ai donc bien fait de faire de la route. Mais ça ne me tentait tellement pas…

D’autres petites vites

Encore des “Petites vites” cette semaine…

Marathon de Chicago –  Dimanche avait lieu le premier marathon majeur en sol américain depuis les attentats de Boston. Se déroulant sous des mesures de sécurité accrues qui ne semblent toutefois pas avoir importuné les participants, l’épreuve a donné lieu à une autre performance exceptionnelle de la part d’un membre de l’élite mondiale.

En effet, le Kenyan (duh !) Dennis Kimetto y a établi un nouveau record de parcours en signant un temps-canon de 2:03:45, soit la quatrième meilleure performance de tous les temps. Chicago a depuis longtemps la réputation d’être une course très rapide, le parcours y étant plat comme un galette. Paula Radcliffe y a d’ailleurs déjà établi son record du monde en 2002, record qu’elle a ensuite battu à Londres l’année suivante. De plus, l’organisation ne lésine pas sur l’embauche de pacers de haut niveau qui viennent donner un élan à la course en tête de peloton.

Une question que je me pose: la “barrière” des 2h04 semblait infranchissable il y a quelques années à peine. Haile Gebrselassie l’a fait tomber en 2008. Celle des 2h03 ne tiendra plus tellement longtemps. Verra-t-on un jour un homme descendre sous les 2 heures au marathon ?

Marathon de New York – C’est officiel: j’ai maintenant mon numéro de dossard, mon couloir et mon heure de départ pour le Marathon de New York. Comme j’avais entré 3h15 comme temps visé (je vais être très content si je fais ça !), je m’élancerai à 9h40 à partir du septième couloir de la première vague, arborant le numéro 7016.

Tout comme à Boston, mon principal défi sera de passer le temps durant les interminables heures précédant ce merveilleux moment. En effet, je dois prendre le traversier nous amenant à Staten Island à… 6 heures !  De là, des autobus amèneront les coureurs au village des athlètes. J’ai déjà pris ce traversier et si ma mémoire m’est fidèle, je doute que son périple dure plus de 30 minutes. Au pire, en comptant l’attente des autobus et le voyagement, je devrais être rendu sur place à 7 heures. En espérant qu’il ne pleuve pas, sinon l’attente risque d’être encore plus longue !  En tout cas, j’ai appris de mon expérience à Boston: cette fois-ci, j’aurai un livre et tout le nécessaire pour pouvoir m’installer à mon aise.

Mais pour être à 6 heures au départ du traversier, à quelle heure devrai-je prendre le métro à partir de Brooklyn ?  Et à quelle heure devrai-je me lever, moi qui suis d’une lenteur légendaire le matin ?  Je commence à envisager de ne pas me coucher, moi là… Ou de me rendre à pied… Dormir sur place, peut-être ?

Les femmes seraient-elles plus fiables ? – Ok, je l’admets, ce dernier sujet n’a qu’un rapport éloigné à la course. C’est juste qu’une expérience récente lors de la recherche d’un hébergement pour Boston m’a amené à cette conclusion.

Je vous raconte. En 2011, Barbara et moi sommes allés en voyage deux semaines à Paris. Ne voulant pas passer tout ce temps en hôtel et manger dans des restaurants 3 fois par jour, nous avions choisi l’option de louer un appartement. Nous étions passés par le site Abritel et avons été très satisfaits.

Pour Boston cette année, comme mes parents voulaient faire également partie du voyage, l’option de l’appartement nous semblait encore une fois la meilleure: plus économique, elle nous aurait également donné une plus grande liberté et plus de tranquillité. Vous savez, des fois, dans les hôtels… Nous avons donc écrit à deux propriétaires (des hommes), en passant encore une fois par Abritel.

Au bout de deux semaines, toujours pas de réponse. Comme il se faisait assez tard, nous avons préféré ne pas risquer d’autres périodes d’attente et nous rabattre sur l’hôtel.

Soupçonnant une communication déficiente entre Abritel, un site français, et les annonceurs américains, nous nous sommes tournés vers VRBO en vue du Marathon de New York. Nous avons contacté deux propriétaires (des femmes cette fois-ci) et avons reçu des réponses en moins de 24 heures dans les deux cas. Nous avons ensuite parlé au téléphone à la dame de qui nous avons finalement loué. Une femme très gentille, qui nous a fait parvenir des documents qui répondaient à toutes nos questions en plus d’un contrat en bonne et due forme. Très professionnelle, la dame.

Pour Boston 2014, nous nous sommes donc tournés encore une fois vers le site VRBO. Pour le premier appartement qui nous intéressait, le monsieur qui en était le propriétaire n’a jamais daigné nous répondre.

Au bout de quelque temps, Barbara est tombée sur le site de location Airbnb. Sur ce site, non seulement  chaque appartement nous est présenté, mais son propriétaire également avec en prime, son taux et sa vitesse de réponse. Nous avons en avons contacté deux, un homme et une femme.

La femme, Emily, nous a répondu en moins de deux heures. À peine 4 ou 5 heures après lui avoir écrit la première fois, elle avait répondu à toutes nos interrogations et la transaction était conclue. Quant à l’homme, il m’a répondu le lendemain, me disant que vu que sa conjointe et lui habitent l’appartement, ils ne prévoient pas qu’il soit libre aux dates demandées.  Heu, il y a un calendrier de disponibilités sur le site, et c’était écrit qu’il était libre… Aurais-tu oublié de le mettre à jour, genre ?

Bref, à part notre monsieur en France (et encore là, c’est la concierge de l’édifice qui s’est occupée de tout), nous n’avons pas eu de bien bonnes expériences avec les hommes côté location d’appartement pour un voyage. Avec les femmes, par contre, taux de réussite de 100%.

Les femmes seraient-elles donc plus fiables que nous, les cromagnons ?

Il faudrait que je fasse de la route…

New York, c’est dans trois semaines. Théoriquement, je devrais y aller à fond de train sur la route, regarder mon pace, faire des intervalles, apporter les légers correctifs à ma posture, tester si je vais courir avec ma ceinture d’hydratation ou pas. Selon les grands principes, j’aurais dû faire une sortie sur la route hier, puis ma dernière vraie longue (32 km) aujourd’hui. Après, ce serait le début du tapering.

Il y a juste un problème: c’est l’automne et il fait tellement beau… Demandez-moi si j’ai le goût de m’ennuyer sur les interminables kilomètres de bitume. Hier, j’avais une excuse: j’avais une virée de prévue au mont St-Hilaire avec les deux amis que j’accompagnerai la semaine prochaine à Orford pour le Xtrail Asics. Une répétition générale en quelque sorte pour Daniel et Sylvain qui n’ont jamais fait de compétition en sentiers. D’ailleurs, Daniel n’a jamais fait de compétition, point. Mais il m’a beaucoup impressionné dans les descentes. Dans les parties roulantes, ça m’aurait pris tout mon petit change au sommet de ma forme pour le suivre (avec mes genoux toujours sur le bord de lâcher, on oublie ça). Et quand les descentes devenaient le moindrement techniques, je me retrouvais irrémédiablement largué. Heureusement, j’avais le plat et les montées pour me reprendre.  Non mais, c’est supposé être moi, le plus rapide des trois, non ?  😉

Nous avons fait tous les sommets, prenant bien soin d’admirer la vue à chaque fois, puis sommes repartis au moment où la cohue s’épaississait. C’est fou la quantité de monde qu’il peut y avoir à cet endroit à ce temps-ci de l’année. Dans la longue filée de voitures qui attendaient pour entrer quand nous avons quitté, il y avait quelqu’un avec une roulotte !  Je ne sais pas ce qu’il avait l’intention de faire avec ça, ni comment il a seulement pu repartir de là, mais ce n’était vraiment pas une bonne idée !

Aujourd’hui par contre, pas d’excuse. Je devais faire de la route. Mais rien à faire, je ne pouvais me motiver à manger de l’asphalte par une telle journée. Qui sait, peut-être n’aurais-je plus l’occasion d’aller faire le tour de mon terrain de jeux cette année ?  Je ne pouvais tout de même pas manquer ça…  Est-ce que ça pouvait me nuire pour New York ?  Je ne crois pas et bien honnêtement, je m’en balançais un peu: j’avais envie de courir à St-Bruno, je courrais à St-Bruno, un point c’est tout.

Ho que je n’ai pas regretté !  Température parfaite, un merveilleux soleil d’automne qui perçait difficilement les feuilles encore dans les arbres, les couleurs toujours présentes. 33 km de pur bonheur.

Définitivement: la route pouvait encore attendre. On va être pognés ensemble tout l’hiver de toute façon…

Ma « première »

Grande première vendredi dernier: un massage donné par une professionnelle. Pour les esprits tordus, je tiendrais à préciser qu’il s’agissait d’une massothérapeute, et non pas ce qu’on appelle souvent une masseuse. En fait, c’est  mon ostéo qui a plusieurs cordes à son arc et qui selon ce que j’avais entendu dire, était excellente dans ce domaine-là aussi. Cout’ donc, toute douce, gentille comme ça ne se peut pas, super bonne dans deux domaines, est-ce qu’elle a des défauts, cette fille-là ?

Arrivé dans sa salle de traitement, il a fallu qu’elle m’instruise. Barbara m’avait dit qu’il fallait que je me déshabille au complet, mais bon, je préférais attendre la confirmation, au cas où. Tout doucement, elle m’a expliqué qu’elle sortirait, que je me déshabillerais alors et me coucherais sous les draps de la table de massage/traitement. Elle entrerait ensuite et commencerait le massage, ne découvrant que la partie du corps qu’elle massait. Je pouvais garder les sous-vêtements ou pas, à  mon aise. Pour le massage, elle m’a demandé ce que je voulais. De quessé ?  On n’est pas ici pour un massage ?   Est-ce qu’il en existe plusieurs sortes ?  Tu ne vas pas me parler de millénarisme, toujours ?  Ha, l’intensité…  Je ne connais pas ça, moi, alors je lui ai dit d’y aller comme elle le sentait. Elle a envoyé une couple de jets de push-push qui sent bon, puis a quitté la pièce.

Pas pudique pour deux sous, j’avais commencé à me déshabiller avant même qu’elle sorte. Bon, garder mes boxers ou pas ?  Hum… Allais-je passer pour un pervers-pépère si je les enlevais ?  Ou pour un coincé si je les gardais ?  Gros dilemme… Et puis merde, j’ai décidé de les enlever, ça risquait d’être plus gossant qu’autre chose.

Aussitôt rendu sous les draps, j’ai eu chaud. Ouais, pas l’idéal pour se détendre. Je m’imaginais couvert de sueurs, tout visqueux… J’ai essayé de laisser la température de mon corps baisser un peu, mais rien à faire, fallait que j’enlève la couverture du dessus. Comment ça se fait que nous les hommes avons toujours chaud ?

Quand elle est entrée, voyant la couverture par terre, elle m’a dit: « Je pense que je ne monterai pas la température de la ventilation ». Bien jugé. Commença alors le massage proprement dit. Par dessus le drap. Heu, elle ne va pas me frotter de même avec un drap pendant une heure ?  Ça va être poche…

Finalement non et elle a commencé par le dos. Tu n’oublies pas mes jambes, hein ?  Je suis ici pour ça, après tout.  Est-ce que j’ai le droit de parler ?  C’est quoi, le décorum ?  La petite musique de détente incite au calme, c’est certain, mais si ça fait mal, est-ce que j’ai le droit de le dire ?

Parce que moi, ça faisait mal. Les épaules, hou la la…  Elle s’attardait à certains endroits, exactement où ça faisait mal. Et j’ai payé pour être ici, moi ?  À un moment donné, je n’en pouvais plus, j’ai brisé le silence en laissant aller des petits grognements de gars qui se plaint un peu. C’est là que j’ai compris: c’était moi qui décidais si on parlait ou pas.

« Je vous dis qu’il y a de la tension là-dedans ! » qu’elle m’a lancé, prenant soin de préciser qu’elle y allait entre le doux et le moyen comme intensité. Aille, comment une femme à la voix si douce pouvait me torturer ainsi en y allant supposément si peu fort ?  « Allez, on détend ça cette épaule-là ». Facile à dire quand on sait qu’on va se la faire enfoncer dans la table dans moins de 15 secondes… « Je pense qu’on va y aller pour un massage thérapeutique ». Ce n’était pas ça, le but ?  Je n’avais pas fini ma phrase qu’elle a enfoncé son doigt/poing/coude dans mon épaule. Ouch !!!  Tu ne vois pas que j’ai seulement des os dans ce coin-là ?

Évidemment, petit à petit, j’ai senti que ça faisait effet. Les endroits douloureux l’étaient de moins en moins et ça faisait du bien de me faire brasser (au sens propre) un peu. Elle s’est ensuite attaquée aux jambes. Enfin… Je me disais que les tensions devaient certainement être moins pires dans ce coin-là. Il fallait qu’elles soient moins pires. Mais bon, vu que mes tendons ont fini par se plaindre parce qu’ils travaillaient trop, peut-être qu’au bout du compte…

Hé oui, elle a réussi à trouver des spots presque aussi douloureux que les épaules. « Ho que ces muscles-là sont fatigués ! » qu’elle a dit. Ils sont sensibles aussi, genre que ça fait mal, tsé veux dire ?  Définitivement pas un massage de détente, en tout cas… Elle en était rendue à me masser le visage quand elle m’a annoncé que c’était terminé. Déjà ?  Je commençais tout juste à y prendre goût, moi là…  Semble-t-il que j’avais tellement de tensions qu’elle n’a pas eu le temps de « faire le tour ».

Quand je me suis levé, je me suis rendu compte que merde, ça m’avait vraiment fait du bien !  Je me sentais vraiment relaxe. Assez pour recommencer: j’ai donc pris un autre rendez-vous sur le champ. Faut croire que j’ai un côté maso.

Il y a toutefois quelque chose qui me dérange: toute cette tension, elle doit bien venir de quelque part, non ?   Pourtant, je ne suis vraiment pas d’un naturel nerveux, ni du genre à courir à gauche et à droite (là, c’est au sens figuré que je parle, parce qu’au sens propre, on peut dire que je cours à gauche et à droite). Qu’est-ce que ce serait si je l’étais ?  Vais-je devoir me mettre aux arts martiaux ?  Au tai chi ?  Au qi gong ?  À la méditation ? À la camomille ?

La vraie belle saison

Quand j’étais enfant, je détestais l’automne. Pour moi, l’automne c’était le début de l’année scolaire et malgré le fait que je me débrouillais plus que très bien à l’école, je détestais ça à mourir. Et les mois de septembre, octobre et novembre étaient synonymes de vacances d’été qui étaient très loin.

Maintenant que j’ai un peu vieilli et que surtout je me suis mis à la course (sans oublier que je ne vais plus à l’école depuis belle lurette), je suis devenu le plus grand fan de l’automne. Les températures fraîches, l’air qui s’assèche, les couleurs, la tranquillité… Ha, c’est définitivement l’automne qui est LA vraie belle saison !

J’en ai encore eu la preuve hier matin. Je voulais faire un petit 15 km et ne pouvais me résoudre à tourner en rond sur le bitume, alors j’ai mis le cap sur St-Bruno. En arrivant, première belle surprise: le sol n’était pas mouillé, alors j’allais me faire la boucle des Grands Ducs: 3.5 km de sentiers rustiques que j’aime beaucoup, mais que je fais peu souvent car il y en a une bonne partie dans l’herbe et comme elle est souvent longue et mouillée, ce n’est pas toujours agréable. Mais hier, les conditions étaient parfaites. Le bonheur.

Puis, je me suis lancé dans la combinaison des deux sentiers principaux, le Montérégien et le sentier des Lacs. Il n’y avait presque personne, l’air était si bon… À un moment donné, je me suis rendu compte que mon kilométrage commençait à avancer pas mal vite et je devais retourner à l’auto, question de « de pas en faire trop ». Mais je ne sais pas pourquoi, je tenais absolument à voir le lac des Bouleaux. Je me suis donc dit « fuck les genoux, ils pèteront » et ai décidé de me faire plaisir. Je ne l’ai pas regretté, le spectacle qui m’y attendait était digne d’une carte postale: un lac calme entouré d’arbres matures de toutes les couleurs. Superbe. Je suis resté planté là une bonne minute, adirant le tout sans bouger. Et après ça, les gens se demandent pourquoi j’ai maintenant une forte tendance vers les sentiers…

Sur le chemin du retour (il fallait bien que je finisse par finir), j’ai croisé Pat. On a évidemment parlé de Virgil Crest. Il s’est promis d’avoir sa vengeance sur ce foutu parcours. Il ne sait pas quand, mais il va l’avoir. Et je sais qu’il va l’avoir, je n’en doute pas une seconde. Quand un coureur a quelque chose dans la tête, il ne l’a pas dans les pieds… J’en sais quelque chose, il faut juste se donner le temps…  En tout cas, la description qu’il m’a faite de l’épreuve m’a confirmé une chose: moi aussi, j’y serai un jour. Fort probablement pas l’an prochain, mais pour mes 45 ans peut-être ?

Ce serait une belle façon de débuter l’automne, n’est-ce pas ?

Les petites vites

De retour après quelques jours assez occupés. Voici ce qui a retenu mon attention ces derniers temps.

Virgil Crest Ultras – Ça fait 10 jours que la course a eu lieu et je n’ai pas eu l’occasion d’en parler. Pourtant, durant la fin de semaine du Marathon de Montréal, mes pensées étaient non pas ici, mais bien dans un coin perdu de l’état de New York. Comme le temps était frais et pluvieux par chez nous, je me disais que ça devait être la même chose là-bas. En plus, avec le principe du double aller-retour pour le 100 milles, pas difficile d’imaginer que l’état des sentiers devait se détériorer à vue d’oeil à mesure que la journée (et la nuit) avançait.

Nous étions en mode “ménage” à la maison, car nous avions fait des rénos et elles étaient terminées. Est-ce qu’il y a une meilleure façon d’avoir la tête ailleurs que faire du ménage ?  J’en étais pathétique: j’allais voir les mises à jour sur le site de l’événement aux 30 minutes, question de suivre l’évolution de nos coureurs québécois. J’ai vite constaté, à voir les temps de passage, que certains d’entre eux couraient ensemble.

La course a été difficile. Très difficile. Sur 66 au départ du 100 milles, ils étaient seulement 18 à l’arrivée. Plusieurs se sont arrêtés à la mi-parcours, obtenant ainsi un classement officiel pour la course de 50 milles qui se déroulait en même temps. Le gagnant, James Blandford, est un habitué des courses dures: c’est lui qui a remporté le Massanutten en mai. Les Québécois ne sont pas demeurés en reste. Joan a terminé en excellente 3e position; son récit de course est du bonbon, à ne pas manquer (me croirez-vous si je vous dis qu’il est rentré au travail en courant deux jours plus tard ?!?  T’es une machine, Joan !). Le toujours souriant Pierre Lequient a quant à lui fini 4e et Pierre Arcand, 6e. Quant à Pat, il s’est arrêté après une soixantaine de milles. Il nous raconte son expérience ici. Cette lecture m’a beaucoup fait réfléchir.

Record du monde à Berlin – Berlin a la réputation d’être un marathon ultra-rapide. Je ne sais pas ce qui se passe là-bas, mais les records du monde y tombent comme des mouches. Je suppose que le parcours est très plat, mais il y a certainement autre chose. Est-ce le climat ?  Le bitume ?  Le fait que les pacers engagés par l’organisation sont de très haut niveau ?

En tout cas, le Kenyan Wilson Kipsang y a réussi dimanche une course parfaite et a fait éclater le record du monde: 2:03:23, soit 15 secondes de mieux que l’ancien record de Patrick Makau. Kipsang est un coureur établi qui avait failli s’emparer du record en 2011 en faisant 2:03:42 à Francfort. Gagnant à Londres en 2012, il avait raté sa chance aux Jeux olympiques trois mois plus tard: il était l’un des deux Kenyans à s’être fait jouer un vilain tour par l’Ougandais Stephen Kiprotich dans les derniers kilomètres.

À Berlin, il a réussi une course parfaite. Se tenant à l’arrière du peloton de tête amené avec vigueur par deux pacers de très haut calibre, il a conservé un rythme constant du début à la fin. En effet, ses splits sur 5 km ont varié de 14:27 à 14:48 (non mais, comment ils font pour aller à une telle vitesse bout de sacrament ?!?). Du grand art.

Seul bémol: un tata qui a décidé de faire une pub pour un site de prostitution et qui a réussi à se faufiler pour franchir le fil d’arrivée juste devant Kipsang. Donc, pas de photo d’arrivée triomphale pour le nouveau recordman du monde. Dommage.

Record de parcours au Vermont 50 – Celle-là m’a fait énormément plaisir. Ma course préférée, à laquelle je ne pouvais pas participer alors qu’il faisait un temps splendide, a été remportée par David Le Porho. Le sympathique David a donné une véritable leçon de course à Brian Rusiecki, le vainqueur de l’année passée, en établissant un record du parcours (6:09:31 !) et laissant ce dernier 24 pleines minutes derrière lui.

Au cours d’une conférence à laquelle j’ai assisté récemment, David a dit être en préparation pour sa première course de 100 milles. La course visée ?  Le Western States 100, rien de moins. Comme il est très rapide (il a fait 2h21 sur marathon cet été) et qu’il n’est pas du genre à s’embarquer dans un projet à la légère, je ne parierais pas contre lui. Je pense que les chances qu’on le voit à St-Donat l’an prochain sont plutôt minces. 😉

En début de saison, j’ambitionnais de compétitionner avec les meilleures femmes lors du VT50. En effet, Amy Rusiecki (oui, la femme de l’autre) avait gagné en 8h18 l’an passé, soit 24 minutes de mieux que moi. Je me disais qu’avec un entrainement plus poussé en côtes et une meilleure gestion des ravitaillements, peut-être que… Or cette année, elle est descendue sous les 8 heures… mais ce n’est pas elle qui a gagné. C’est plutôt Aliza Lapierre qui a fait un temps-canon de 7:01:08.  Définitivement que j’aurais eu à réviser mes ambitions à la baisse !

Augmentation des mesures de sécurité à New York – Ça fait des semaines que les New York Road Runners m’envoyaient des courriels de schnoutte. De la pub pour leurs autres courses, des promos à la noix, des sondages, etc. Puis est arrivé le courriel que nous attendions en espérant ne jamais le recevoir: celui à propos des nouvelles mesures de sécurité.

On voit immédiatement les effets post-Boston 2013. En gros, on nous dit que tous les sacs à dos risquent d’être fouillés, que les spectateurs doivent se préparer à de longues files d’attente, que l’aire des retrouvailles risque d’être très difficile d’accès et qu’il serait préférable de donner rendez-vous à ses proches ailleurs (ha oui, où ça ?  À la Statue de la Liberté ?). À ça s’ajoute une longue liste d’articles qu’il sera interdit pour nous coureurs de transporter. Il y en a des évidents: couteaux, armes-qui-n’en-sont-pas-mais-qui-pourraient-l’être (genre un marteau), armes à feu (duh !), etc. Mais il y a aussi des articles qui pourraient être utiles en course qui seront interdits. Les vestes d’hydratation, par exemple. Honnêtement, celle-là me dérange un peu plus car j’avais jonglé avec l’idée d’utiliser la mienne au lieu de ma ceinture. Maintenant, comme il y a des points d’eau à chaque mille, je pense sérieusement à faire comme tout le monde: courir avec rien. Ce serait une première pour moi.

Mais malgré toutes ces belles précautions, dans ce genre d’événement, on ne peut pas tout prévoir. Juste à voir comment un nono a réussi à s’infiltrer en fin de parcours à Berlin…

Pendant ce temps-là, du côté du blessé… – Le Grand Blessé a reçu son traitement d’ostéo vendredi dernier. Toujours le même problème: mes muscles sont trop contractés, alors les tendons sont sollicités en permanence. Et les douleurs finissent par se pointer…

Le remède ?  Repos (pas facile !), étirements (ça semble marcher) et massages. Suite au traitement, j’ai reçu l’ordre de me reposer au moins 48 heures, le temps que ses manipulations fassent effet. Pour une fois, j’ai écouté, me contentant de marches comme exercice durant la fin de semaine. Puis lundi, à vélo, je suis parti pour la première fois sans ma Garmin, question de mettre toutes les chances de mon côté pour y aller vraiment mollo. Car je me connais, quand je vois une vitesse affichée qui ne fait pas mon affaire, je pousse toujours un petit peu…

Mardi, retour à la course. Encore là, relaxe: 15 km que j’ai faits à 4:25/km de moyenne pour entrer au travail. Les genoux ont tenu le coup, mais ça faisait vraiment bizarre de terminer avec un sentiment du style “il me semble que j’aurais pu aller pas mal plus vite…”. Pas habitué à ça, le monsieur. Aujourd’hui, c’était encore le mollo-vélo et demain, un autre 15 km. En espérant que ça tienne encore…

Le gros mot à trois syllabes

Quand il est émotif, et ça lui arrive souvent, il arrive que l’être humain moyen fasse usage de jurons. Bizarrement, le répertoire utilisé varie d’un peuple à un autre. Pour les anglophones, la grande majorité des gros mots sont reliés au sexe. Pour nous Québécois qui jadis avons tant été contrôlés par l’Église catholique, la tendance est à faire le ménage du lieu de culte local quand nous sommes fâchés. La plupart du temps, nous nous contentons d’utiliser les mots à une, maximum deux syllabes pour nous exprimer. Mais il y en un, un vrai, qu’on sort seulement pour les grandes occasions. Parce qu’il est long à dire: trois syllabes et que lorsqu’on s’en sert, c’est parce que on vraiment en…

Le soleil se levait à peine hier matin quand il a retenti sur le bord du fleuve, dans mon petit patelin de banlieue. Et vous l’aurez deviné, le grossier personnage qui a osé s’époumoner ainsi, c’était moi. Mon genou droit venait de me jouer exactement la même chanson que son confrère de gauche m’avait jouée en juillet: le coup de la corde de violon. Parce que c’est comme ça que je le sens quand ça arrive: on dirait qu’un de mes tendons derrière le genou est tellement tendu (il me semble que c’est justement le propre d’un tendon d’être tendu, non ?) qu’il m’envoie une note ultra aiguë qui traverse mon système nerveux à vive allure et se retrouve à mon cerveau en moins de deux. Aussitôt, la douleur est si vive que je dois m’arrêter. Et le juron sort tout seul. Blessé à 5 semaines de New York, tab… !!!

Évidemment, j’avais reçu des signes bien avant. Les premiers, c’était pendant que je faisais du vélo avant même que je recommence à courir, au début août. Mais un coureur, ça réussit toujours à se trouver des raisons, à se convaincre que mais non, ce n’est pas ça. Cette fois-là, je me disais que c’était parce que ma jambe droite travaillait trop pour compenser pour la gauche et que tout rentrerait dans l’ordre une fois la gauche guéri. Bien sûr.

Quand j’ai repris la course, comme j’allais lentement et faisais des distances plus courtes, le genou droit se tenait effectivement tranquille. Puis, avec les semaines et l’augmentation de volume, les signes ont commencé à réapparaitre, petit à petit. Au début, je portais un protecteur seulement sur le genou gauche. Puis, quand j’allais en montagne, j’en mettais sur les deux. Depuis deux semaines, je portais un protecteur sur chaque genou à toutes les fois que je courais. Mais non, je n’avais pas de problème…

Contrairement à la première fois, je me suis tout de suite arrêté et suis retourné à la maison en marchant. Je ne me suis pas bourré d’Advil pour continuer malgré tout et ai immédiatement lancé un appel à l’aide à Marie-Ève, l’ostéo qui m’avait remis sur pieds cet été. Par chance, j’ai réussi à avoir un rendez-vous pour cet après-midi. À partir de là, j’aviserai.

Toutefois, une réflexion s’impose pour le long terme. J’aime, j’adore courir, alors je ne veux certainement pas arrêter. Je vais cependant avoir à changer des choses dans mon entrainement. Par exemple, devrais-je améliorer ma routine d’échauffement ?  Courir plus souvent et moins longtemps ?  Consulter un entraineur peut-être ?  Pierre Lequient, un marathonien de mon calibre qui s’est lancé dans les ultras depuis peu a eu une saison de rêve cette année après en avoir engagé un… Peut-être aurais-je besoin de me faire masser ?  Mes blessures sont causées par des muscles qui sont trop contractés et il semblerait que les étirements que je fais religieusement ne sont pas suffisants pour les faire relâcher.

Bref, bien des choses à envisager. Mais après New York !

Ils ne sont pas près de me revoir

« Ça va certainement t’inspirer un article, hein ? »

Barbara venait de lire la chronique du jour d’Yves Boisvert sur le Marathon de Montréal. Je l’avais déjà lue.

Selon monsieur Boisvert, le groupe Competitor, propriétaire du Marathon depuis deux ans, a poussé la soif du profit à l’extrême limite pour l’édition de dimanche en coupant dans les dépenses et les services au coureurs tout en continuant de charger des montants prohibitifs pour l’inscription.

Des exemples ?  Tout d’abord, l’absence d’une élite digne de ce nom. Car si les Québécois ont monopolisé les podiums, il y a une bonne raison : l’organisation a décidé de ne payer ni de cachets, ni les dépenses des coureurs d’élite. Dans la même veine, les bourses aux premiers de chaque épreuve ont été tout simplement charcutées. Ainsi, le vainqueur, David Savard-Gagnon, a récolté 1500 $ pour ses efforts alors qu’il y a deux ans, c’est 10000 $ qui avaient été remis au Kenyan Luka Kipkemoi Chelimo pour sa victoire.

Ça, c’est supposément pour mettre l’accent sur le volet participatif de l’épreuve. Si au moins c’était vrai. Les inscriptions sont toujours aussi dispendieuses (50 $ pour le 5 km !) et pourtant, si on se fie à ce que monsieur Boisvert écrit (et ça m’a été confirmé aujourd’hui par un collègue de travail), il ne semblait pas y avoir plus de toilettes au départ que jadis, quand je faisais partie de la fête. Pourtant, à l’époque, il y avait moins de participants, sans compter que le marathon et le demi partaient espacés de 90 minutes dans le temps. L’affluence pour les petits besoins nerveux d’avant-course était donc forcément moindre et ça n’empêchait pas que plusieurs (dont moi) allaient se soulager dans les buissons pour éviter les interminables attentes. Alors j’ai peine à imaginer ce que ça devait avoir l’air dimanche…

Mais il y avait une façon d’éviter ça. Hé oui, moyennant la modique somme de 5$, les participants pouvaient se prévaloir d’un accès VIP aux toilettes. Je vous suggère fortement de lire la chronique de Boisvert, ne serait-ce seulement que pour cette partie: je ne pourrais définitivement pas mieux exprimer ce que j’en pense !

Autre irritant majeur: un point d’eau autour du 30e kilomètre qui a manqué… de verres !  Quoi, manquer de verres à un point si stratégique sur le parcours ?!?  Puis-je vous rappeler qu’il faisait frais et que le temps était couvert dimanche ? Une journée idéale (si on enlève la pluie) pour courir. Il serait arrivé quoi s’il avait fait le moindrement chaud ?  On s’enlignait sur un désastre, c’est certain. Déjà que le Marathon de Montréal est le plus avare que j’ai connu au niveau du nombre de points d’eau sur le parcours, ils se permettent en plus de manquer de verres ?  Dans le genre faire « amateurs », c’est dur à battre. Et c’est inacceptable.

Mais ce qui m’a le plus dérangé, c’est le fait qu’aucune couverture en aluminium n’était disponible pour les concurrents à l’arrivée. Ça, c’est tout simplement inadmissible. Il faisait frais, le temps était maussade. À la fin d’une longue course, le corps du coureur refroidit très rapidement, surtout par de telles conditions. À mon sens, c’est un manque total de respect de laisser des concurrents qui ont payé une centaine de dollars pour être là congeler sur place pendant qu’ils attendent leurs effets personnels.

Tout ça s’ajoute à un autre petit détail qui me chicotait déjà: le chiffre 32000 qu’on nous a servi ad nauseam dans les différents médias. « 32000 coureurs au Marathon de Montréal » qu’on pouvait lire ou entendre un peu partout. Certains prenaient soin de spécifier que ce nombre correspondait au total des participants de toutes les épreuves de l’événement, mais la grande majorité omettait de préciser que seulement environ 3000 de ces personnes prenaient part à l’épreuve-reine. J’ai même entendu le commentateur sportif Mario Langlois dire sur les ondes de 98.5 FM que David Savard-Gagnon « a été le premier des 32000 coureurs à franchir la ligne d’arrivée ». Vous allez me dire que les « experts » en sport, au Québec, quand on les sort du merveilleux monde du hockey, leurs connaissances… Mais il me semble qu’il y a des limites à dire des âneries quand on ne sait pas de quoi on parle.

Je crois sincèrement que cette confusion fait bien l’affaire de l’organisation. Ainsi, quand les gens font la comparaison avec les grands marathons, ils se disent : « On n’est pas si loin». Et pourtant, il y a un monde de différence et ça, il n’y a personne qui se donne la peine de l’expliquer. Heureusement cette année, je n’ai pas entendu notre ami Bruny Surin (que j’adore, soit dit en passant) nous dire que notre marathon était juste une coche en-dessous de Boston ou Chicago…

Ma conclusion : moi qui avais déjà une (grosse) dent contre notre Marathon, ils ne sont définitivement pas près de me revoir !

Je voudrais toutefois terminer le tout sur une note positive. Car peu importe à quelle épreuve prenaient part les 32000 personnes qui étaient là dimanche, le seul fait qu’elles aient pris la peine de s’inscrire, s’entrainer et se déplacer pour y être fait énormément plaisir. C’est dire à quel point les gens ont leur santé à cœur. Et ça, c’est tellement beau à voir… J’espère seulement que les nombreux faux-pas de l’organisation ne viendront pas décourager ces personnes et qu’elles continueront à pratiquer ce merveilleux sport, à la fois si simple et si satisfaisant.

Toutes mes félicitations à tous et à toutes !

Une grosse fin de semaine de course

Aujourd’hui, c’était la journée « En ville sans ma voiture ». Alors qu’ai-je fait ?  J’ai pris ma voiture pour rentrer en ville et me stationner au pied du Mont-Royal en vue de ma dernière randonnée dans la montagne de la cité pour cette année. Que voulez-vous, j’ai un petit peu l’esprit de contradiction et j’ai horreur de me faire dire quoi faire…

Bon, changement de sujet. C’est encore arrivé cette semaine: un collègue m’a demandé si je faisais le marathon ce week-end. À peu près tout le monde qui me connait le sait: je suis un coureur. Mais ceux qui ne me connaissent pas beaucoup (et/ou ne me lisent pas !) ignorent que j’entretiens un rapport complexe d’amour-haine avec le Marathon de Montréal. J’en ai parlé de long en large l’an passé, alors je n’y reviendrai pas. Mais en bref, malgré la proximité, donc le fait que la veille de la course, on dort (ou pas) dans son lit, qu’on mange « sa » nourriture, je passe encore mon tour cette année. De toute façon, le Vermont 50 était prévu pour la semaine prochaine et je ne voulais pas faire les deux.

Donc, comme l’an passé, je serai au mont St-Bruno quand le départ sera donné. Je serai avec vous en pensée, chers coureurs. J’ai quelques amis et connaissances qui y seront et il est certain que je vais suivre vos exploits de près dès que les résultats seront disponibles. Je vous souhaite la meilleure des chances et surtout, beaucoup, beaucoup de plaisir !

Tant qu’à suivre des courses à distance, il y en aura une autre qui attirera mon attention, encore plus que notre marathon: le Virgil Crest Ultra. Très difficile avec ses 22000 pieds de dénivelé positif (et autant dans le négatif), cette course de 100 milles fait partie de ma bucket list. Je ne sais pas quand je la ferai, mais ça va arriver, c’est certain.

Quelques Québécois y seront cette année, dont mes followers Joan et Pat (dont je suis également les blogues respectifs, ici et ici). Le départ sera donné demain matin à 6 heures et ce ne sera probablement pas avant le lever du soleil dimanche que nos amis termineront leur long périple dans les sentiers de l’état de New York. Bande de chanceux… Allez les gars, on est avec vous !  🙂