Stratégie ? Quelle stratégie ?

Voilà, la prochaine fois que je vais courir, ce sera durant le Marathon de Boston. J’avoue avoir peine à y croire… Les Olympiques des coureurs du dimanche et j’y serai. Wow.

Cette semaine, tel que prévu, j’ai fait mes deux sorties de 10 km, mardi et jeudi. À peu près tous les programmes d’entrainement suggèrent de prendre ça relaxe la semaine avant un marathon. Sauf que je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête, mais quand je pars pour 10 km, on dirait que je me dis « Bof, ce ne sera pas long de toute façon, alors… » Ça fait que j’avais beau essayer de me retenir, j’ai terminé avec des temps de 41:05 et 41:08. Je sais, beaucoup trop vite, vraiment pas fort de ma part… En plus du risque de blessure, je taxais mes jambes. Mais il y a un détail à ne pas négliger: le côté psychologique de la chose. Je n’étais pas totalement à fond et n’étais définitivement pas à bout de souffle en terminant, alors je me dis que la vitesse est bonne et qu’avec trois jours de repos, mes jambes devraient logiquement être capables d’endurer le quadruple de cette distance si je vais plus lentement…

Enfin, on verra bien. Pour le moment, la neige tant annoncée a (finalement) commencé à tomber. La dernière tempête de l’hiver qui obsède les gens alors que dans le fond, est-ce que ça dérange vraiment ?  Dans quelques jours, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Il m’arrive souvent de ne pas comprendre l’obsession que nous avons (et je m’inclus dans le lot) pour la météo. Qu’est-ce qu’on y peut de toute façon ?  Nous avions prévu partir tôt demain matin, question de pouvoir s’installer à l’hôtel et aller à l’expo-marathon avant sa fermeture, à 18h.  Mais s’il fait tempête, on retardera le départ de quelques heures et on ira à l’expo-marathon dimanche, c’est tout. Est-ce bien grave ?  Qu’est-ce qui nous fait plus de tort: s’en faire pour une chose sur laquelle on n’a aucun contrôle ou avoir à tout simplement s’adapter ?

Mais bon, tant qu`à être sur le sujet, la météo est optimiste pour le jour de la course: alternance de soleil et de nuages avec un maximum de 57 degrés Farenheit (14 Celcius). Le vent: 10-15 km/h du sud. Donc, pas vraiment de soucis à me faire de ce côté. Un vent d’est aurait été plus problématique…

La stratégie maintenant.  Heu, quelle stratégie au juste ?  Ben non, j’ai tout de même fait une petite base de devoirs… Mais pas tellement. J’ai regardé le profil du parcours (il est pas mal plus clair dans le petit guide qu’ils nous ont envoyé que sur cette page web), consulté les conseils d’experts, lu quelques récits de course, etc. Sauf qu’on dirait que je n’accroche pas. J’ai l’impression qu’ils en mettent plus que le client en demande.

Le parcours est descendant sur les 4 premiers milles, puis relativement plat sur les 12 suivants. Le gros du travail se retrouve entre les 16e et 21e milles où on retrouve les infâmes Newton Hills, la pire étant la désormais célèbre Heartbreak Hill, la quatrième et dernière du lot. Puis, les 5 derniers milles sont en descendant ou à peu près.

C’est un profil qui s’apparente un peu à ce que j’ai vu à Mississauga: début descendant, relativement plat par la suite, puis des montées-descentes dans la partie cruciale du parcours. La côte au 34e kilomètre me restera toujours en mémoire… En plus, les 17 derniers kilomètres avaient été parcourus avec un vent de 30 km/h dans le visage, sous la pluie. Je m’imagine difficilement de pires conditions pour un marathon.

Dans les récits, plusieurs ont dit que les montées des Newton Hills étaient surévaluées, mais que c’étaient plutôt les descentes à répétition qui avaient tué leurs quadriceps. Hein ?!?  Si c’est vrai, je suis en voiture. Heartbreak Hill aurait une pente de 4.5 – 5% et c’est la plus difficile. J’imagine que les descentes ne sont pas tellement plus abruptes (mais je ne peux en être absolument certain), alors je ne vois vraiment pas comment mes quads pourraient avoir de la difficulté à composer avec ça. Je pense qu’ils ont déjà vu pire… et sur une distance pas mal plus longue !  🙂

Ceci dit, il ne faut pas non plus partir en fou. Je me souviendrai toujours du monsieur qui m’avait raconté, avant le départ du Marathon de Montréal en 2010, que lui était parti vite parce que ça descendait, puis en avait payé le prix par la suite.  Il m’avait donc conseillé de faire attention. Je me suis toujours demandé pourquoi il m’avait dit ça vu qu’à ce moment-là, je n’étais pas qualifié… J’ai la tête d’un gars qui est supposé être qualifié pour Boston ou quoi ?

Je compte donc faire les premiers kilomètres bien sagement, en restant « en dedans » comme on dit. D’ailleurs, j’ai déjà remarqué qu’en course, ça va souvent très bien quand je me retiens, probablement parce que je suis plus détendu à ce moment-là. Je m’ajusterai ensuite. L’hydratation et l’alimentation joueront un rôle crucial, question de ne pas choker dans la partie de la course la plus difficile. Je n’ai toutefois pas de plan précis d’établi, je vais y aller à l’instinct. Ça m’a plutôt bien servi la dernière fois. 🙂

Le vent… et la neige !

De retour après quelques jours qui ont été plutôt occupés…

Conditions idéales pour courir, la semaine dernière, n’est-ce pas ?  Des vents de 40-50 km/h avec des rafales à 70, quoi demander de mieux ?  😉

Ça m’a rappelé une petite anecdote. Nos voisins sont des grands amateurs de cyclotourisme. Lui en particulier, il adore tout ce qui touche au vélo: équipement, mécanique, voyages. Il agit souvent comme bénévole au Tour de l’Île et comme accompagnateur lors des voyages organisés par Vélo-Québec. Un jour, avant qu’ils partent tous les deux faire la Hollande à vélo, un autre cyclotouriste les a bien avertis: il y a beaucoup de vent en Hollande, vous allez en arracher.

À son retour, quand je lui ai demandé comment ça s’était passé, il m’a simplement répondu: “Bof, vraiment rien d’exceptionnel, leur vent. Quand on vit en Montérégie…”

Mais bon, des rafales à 70 km/h, c’est un peu hors norme, même pour nous Montérégiens. Des intervalles là-dedans ?  Oubliez ça. Je me suis dit que tant qu’à prendre des mauvaises habitudes de course et à sacrer, aussi bien utiliser mon temps d’entrainement plus intelligemment. Donc mardi dernier en fin d’après-midi, j’ai mis le cap sur le mont St-Bruno. Je me disais que la montagne et les arbres atténueraient un peu les effets du vent, que les côtes remplaceraient les intervalles et en plus, avec une boucle de 3.6 km autour du lac Seigneurial, j’alternerais souvent vent favorable/défavorable.

Ce fut probablement la meilleure idée que j’ai eue depuis fort longtemps. Il y avait du vent, oui, mais bien moins que sur le bord du fleuve. La neige avait presque entièrement fondu, le chemin était dans un bon état à part à quelques endroits. Et en prime, comme j’arrivais à la fin de ma course, quatre superbes chevreuils étaient là, semblant m’attendre. Puis trois autres se sont pointés alors que je faisais mes étirements. Dire que j’aurais pu être pris à pester contre le vent dans mon récréo-parc…

J’ai donc remis ça jeudi, vu que le vent avait décidé qu’il continuait à souffler en débile. Et je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je pétais le feu. Pas de chevreuil à l’arrivée par contre. On ne peut pas tout avoir…

Je me suis rendu compte d’une chose lors de ces deux jours: définitivement que je suis fait pour la course dans le bois. C’est tellement différent. On se sent en communion avec la nature, on ne passe pas son temps à vérifier la cadence, on se “contente” de s’amuser à courir. Et je n’étais pas vraiment dans le bois, alors imaginez… Vivement que Boston passe pour que j’y retourne !  🙂

En attendant, il a bien fallu que je retourne à la route en fin de semaine. Je ne sais pas si ce sont mes deux sorties de la semaine qui m’ont donné du tonus, mais samedi a été ma plus rapide de l’année. Dimanche, avec le vent qui était revenu de plus belle (combiné avec la fatigue relative suite à la course de la veille), a été plus lente, mais ce n’était vraiment pas grave: c’était la dernière vraie journée d’entrainement. D’ailleurs, j’ai toujours de la difficulté avec la dernière fin de semaine précédant un marathon. La combinaison 13-16 km est pas mal plus courte que ce dont je suis habitué et je me sens bizarre à chaque fois. Il me semble que je n’en fais jamais assez…

Imaginez cette semaine: après un 10 km relaxe tantôt, ce sera un autre jeudi, puis… plus rien ! Peut-être aller travailler à vélo demain et c’est tout. C’est ça, le tapering. Je sens que je vais avoir la bougeotte dimanche, moi…

Bon, il ne nous reste plus qu’à prier pour que la neige annoncée vendredi tombe sous forme liquide. De la neige à la mi-avril, ils veulent rire de nous ou quoi ?  Dire qu’il faisait 30 degrés au départ du marathon l’an passé…

En tapering… et suite sur la logistique

Plus que deux semaines avant le Jour J. Ce qui devait être fait ayant (supposément) été fait, je suis maintenant dans la phase de tapering. Il ne me reste qu’à diminuer progressivement la charge d’entrainement, question de laisser mon corps récupérer tout en conservant la forme. En cette fin de semaine de Pâques, je lui ai fait subir un 16 km tempo au mont St-Bruno samedi et un 25 km race pace hier, dans le vent. Après mon 20 km très rapide de jeudi matin, ça en faisait pas mal pour mes jambes à ce temps-ci de l’année. Disons que j’étais content de seulement aller promener Charlotte ce matin !  🙂

Pour les jours à venir, ce sera probablement des 14 km avec intervalles ou en terrain accidenté cette semaine, des petites sorties de 13 et 16 km en fin de semaine, puis deux petits 10 km la semaine prochaine. Je ne peux pas croire qu’il ne me reste que 6 sorties avant le marathon…

Petit update sur la logistique maintenant. J’ai fait mon essai-nutrition hier: ça a bien fonctionné. Une banane, un bagel et quelques bretzels au beurre d’arachides avalés 4 heures après le lever et 90 minutes avant de commencer à courir ont fait le travail. Ça faisait juste bizarre de faire autre chose pour passer le temps avant d’aller courir, moi qui donne toujours la priorité de ma journée à la course… Car tout le monde sait bien que le ménage, les autos, le gazon, l’épicerie, ça peut TOUJOURS attendre. Mais pas la course !  :-).

Pour ce qui est du reste, même si je n’avais pas besoin d’avoir une autre indication que le Marathon de Boston n’est vraiment pas une épreuve comme les autres, j’en ai tout de même eu une cette semaine. Par le courrier, j’ai reçu un beau petit guide ainsi que mon passeport personnalisé de la part de l’organisation.

Comptant 28 pages, le guide contient tous, mais tous les renseignements utiles et moins utiles qu’un participant peut avoir besoin. On y retrouve entre autres:

  • des informations sur l’expo-marathon avec en prime, un plan du plancher nous montrant la disposition des kiosques
  • toutes les informations concernant le souper d’avant-course, avec indications pour le stationnement ce soir-là
  • les adresses d’une vingtaine de restaurants suggérés
  • la cédule de tous les événements
  • des informations pour le stationnement autant au départ qu’à l’arrivée
  • l’horaire des navettes (qu’il est FORTEMENT  recommandé d’utiliser)
  • des recommandations par rapport à l’hydratation, à l’alimentation, aux vêtements à porter s’il fait froid ou s’il fait chaud (il ne faut tout de même pas oublier que les participants sont généralement des coureurs expérimentés…)
  • un plan du parcours accompagné du très utile graphique des dénivelés
  • des cartes montrant clairement où se trouveront les lieux importants pour le jour de la course
  • des informations sur les services médicaux disponibles
  • etc.

Quant au passeport personnalisé, il représente un petit condensé du guide du participant. Et pour faciliter la cueillette du dossard, il est pourvu d’une partie détachable avec mon nom, mon temps de qualification (ça ne sert pas à grand chose, mais bon…) et mon numéro de dossard. Je n’aurai qu’à donner cette partie au préposé à l’expo-marathon et je pourrai recevoir le précieux dossard. Aussi à l’intérieur, on retrouve un billet pour le souper d’avant-course avec une heure de réservation. Pas que ça me sera très utile, vu que je m’arrange pour toujours manger maison la veille, mais quand même…

Impressionné vous dites ?  Wow, de la grande, de la très grande classe ! J’ai peine à imaginer l’ordre de grandeur des frais qui sont engagés dans l’organisation de cette course. En tout cas, jusqu’à maintenant, ça vaut largement les 200 $ que l’inscription m’a coûté. Et je n’ai même pas encore vécu l’ambiance…

Un peu de perspective

J’ai appris une mauvaise nouvelle cette semaine: un de mes meilleurs amis a perdu son emploi pour des raisons nébuleuses. Ha, tout le monde chez eux est en santé, sa conjointe a un bon travail, il va recevoir une certaine compensation de la part de son ancien employeur, ils ne sont certainement pas dans la rue. En plus, c’est un gars intelligent, travaillant, très compétent (je le sais, on a déjà travaillé ensemble), je ne crains par pour lui, il va trouver un emploi à sa mesure. Mais se faire mettre à la porte, ce n’est jamais drôle.

J’ai beaucoup pensé à lui, à eux, ces derniers jours. Et je me sens presque ridicule de me faire du mauvais sang avec des détails aussi insignifiants que la logistique entourant le départ du Marathon de Boston. J’ai un bon travail, je gagne bien ma vie, j’ai la chance d’avoir une certaine sécurité d’emploi, de quoi je me plains donc ?  Avoir à attraper un bus à 6h00 pour un départ à 10h00 ?  Et puis après ?  Ma bouffe, mon hydratation ?  Je m’arrangerai bien !  Et au pire, si je me plante, est-ce si grave ?  NON !!!

Ça fait que lorsque j’ai pris le chemin du bureau à la course hier matin, j’avais pris la résolution d’arrêter de m’en faire pour des pacotilles. Pas le goût de faire des intervalles longs ?  Je n’en fais pas, c’est tout. De la neige sous le pont Champlain ?  So what ?

Je me suis tout de même concentré à courir détendu (pas toujours facile) et à garder mes enjambées courtes. Par une matinée sans vent, j’ai conservé une moyenne de 4:08 – 4:09 sur 20 km. C’est légèrement plus rapide ce que j’avais fait au Scotia Bank à la fin avril l’an passé, ce qui est très encourageant vu qu’on a tendance à courir plus vite en compétition à cause de l’effet de groupe, l’adrénaline de la compétition, le tapering, etc. Je ne suis pas au niveau de Philadelphie et ne le serai pas dans deux semaines. Équivalent à Ottawa l’an passé ? Peut-être…

Mais ça me passe 10000 pieds par-dessus la tête. Car ce qui s’est produit cette semaine m’a donné un peu de perspective face à la vie. Ça fait toujours du bien de se faire ramener les priorités au bon endroit.

Boston et sa logistique

Celle-là, je ne l’avais pas vraiment vue venir. Pourtant, j’aurais bien dû m’y attendre un peu…

Voyez-vous, Boston n’est vraiment pas un marathon comme les autres. Et ce, à tous les points de vue !  Bon, il y a ce qu’on sait: c’est le plus prestigieux, le plus ancien, il faut se qualifier et tout le reste. Ce qui fait que juste y participer, c’est un honneur, un accomplissement en soit.

Sauf qu’il a une autre particularité qu’on retrouve très peu ailleurs: son parcours. Bien évidemment, il est de la longueur standard de 42.195 km (duh !), mais il se distingue par le fait qu’il est en ligne droite ou à peu près. Le départ se donne à Hopkinton, un petit village situé dans la banlieue éloignée et l’arrivée se trouve en plein centre-ville. C’est comme si pour le Marathon de Montréal, on donnait le départ à Ste-Madeleine (pas nécessairement au camping, ça pourrait être dans le village !  ;-)) et que l’arrivée serait située dans le Vieux Port. Rien à voir avec les parcours boucle comme Berlin, Ottawa, Philadelphie, etc. À Montréal, le départ est donné sur le pont Jacques-Cartier et l’arrivée est jugée au parc Lafontaine, géographiquement situé à seulement quelques kilomètres de là. À Londres ou New York, c’est un peu le même principe.

Bref, il faut prévoir une façon de se rendre. Soit au départ, soit à l’arrivée, soit aux deux. Que faire ?  Une dame qui travaille dans le même building que moi est une habituée et m’a suggéré de prendre un hôtel près de l’arrivée, glissant dans son courriel quelques endroits qu’elle aimait bien. Dès que j’ai reçu ma confirmation d’inscription, je suis allé voir les hôtels en question. Cout’ donc, elle est millionnaire ou quoi ?  350 $ la nuit, 3 nuits minimum pour la fin de semaine du Marathon.  Wo ho, les nerfs pompon !  Je n’ai même pas pris la peine de vérifier si le stationnement était inclus. Elle fait quoi comme job ?  Je pourrais peut-être appliquer…

Après quelques recherches, nous avons trouvé quelque chose qui semble bien dans North Quincy, une  banlieue nichée tout juste au sud de Boston d’où on peut accéder à la grande ville par métro. Bien correct pour moi et ce sera pratique aussi pour mon fan club (ma tendre moitié, mes parents et peut-être ma petite soeur) qui auront un accès facile à la ville pour faire des visites et/ou du magasinage (je parle pour les femmes, bien évidemment) et pour l’arrivée.

Sauf qu’il y avait un léger détail à régler: comment me rendre au départ. Je me disais qu’avec une telle organisation, c’était impossible qu’il n’y ait pas un service de navettes nec plus ultra pour amener les coureurs. En naviguant sur le site du Marathon, je suis tombé sur l’information: il y a effectivement des navettes, exclusivement pour les coureurs. Le hic ?  Les heures de départ:

  • Coureurs de la première vague: entre 6h00 et 6h30
  • Coureurs de la deuxième vague: entre 6h30 et 7h00
  • Coureurs de la troisième vague: entre 7h00 et 7h30

Pardon ?!?  Il va falloir que j’attrape un bus à 6h00 (6h30 max) pour une course qui commence à 10h00 !?!  Si on admet que le transport pourrait durer une heure, ça me laisse tout de même 3 heures à sécher en attendant le départ, ça…  Shit !

L’autre option serait de partir de l’hôtel en auto et… prier. Prier pour ne pas tomber sur de la congestion, prier pour trouver un stationnement, prier pour ne pas me retrouver dans le trouble et cauchemar, rater le départ. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je voudrais probablement partir de l’hôtel aussi tôt que si je prenais la navette, alors aussi bien prendre la navette. Mais ça ne fait vraiment pas mon affaire, je dois avouer… Je vais devoir partir à la même heure que lors du Marathon de Philadelphie, mais pour une course dont le départ sera donné trois heures plus tard. C’est presque indécent.

Je fais quoi avec mon alimentation alors ?  Je ne pourrai vraiment pas entamer un marathon plus de 5 heures après avoir mangé, je ne me rendrai tout simplement pas à l’arrivée. Que faire  ?  Je compte profiter de ma dernière longue sortie (seulement 24-25 km, ce n’est pas l’idéal, mais je devrai vivre avec) que je vais faire lundi pour effectuer un petit test. Probablement que je vais déjeuner normalement le matin, puis vaquer à mes occupations à la maison avant de manger à nouveau puis partir courir par après. On verra ce que ça donnera. En tout cas, ce n’est pas à Boston que je vais essayer de me priver de mes en-cas de façon à m’alléger !  Gels, Power Bar et bretzels vont m’accompagner encore une fois.

Autre détail non-négligeable: la température. S’il pleut, s’il fait froid, on fait quoi ?  On niaise à la pluie pendant 3 heures de temps ?  Pourquoi ne pas nous faire attendre dans de l’eau glacée tant qu’à faire ?

Je commence à comprendre pourquoi Dean Karnazes s’était tapé l’aller-retour à la course en 2006. Tant qu’à prendre le bus à 6h00 pour attendre le départ à 10h00, aussi bien se tenir occupé entre les deux…  🙂

Des petites vites du samedi

Quelques petites choses qui ont attiré mon attention au cours des derniers jours…

Marathon de Rome:

Bonne nouvelle pour tous les participants du Marathon de Rome: le départ aura lieu à l’heure prévue, soit 9h00. Je ne sais pas comment les gens sur place ont pris la nouvelle, mais si j’y étais, j’aurais poussé un gros « ouf ! ». Un souci de moins.

De la manière dont les médias décrivent le nouveau pape François, je ne serais même pas surpris qu’il ait eu son mot à dire dans cette histoire. Cet homme semble tellement humble qu’il donne l’impression de ne pas vouloir déranger le déroulement normal des activités de la ville éternelle. Rien à voir avec l’apparente arrogance de son prédécesseur ou le charisme de Jean-Paul II, mettons…

6883:

Ce sera le numéro que je porterai à Boston. De loin le plus élevé que je n’aurai jamais porté !  Il faut dire qu’habituellement, dans un événement comptant plusieurs épreuves, c’est dans la plus longue qu’on retrouve les numéros de dossard les plus bas, le champion en titre portant le numéro 1. Et généralement, plus on s’attend à faire un bon temps, plus notre numéro est petit (à part à Mississauga où ils sont distribués en ordre alphabétique). Normalement, le mien est situé entre 1000 et 2500.

Mais bon, à Boston, on peut dire que je ne ferai pas partie des meilleurs. Par contre, je serai de la première de trois vagues, ce qui me surprend un peu. On nous dit que le « temps de coupure » pour faire partie de la première vague était de 3h18. Ça ne m’aurait pas dérangé d’être de la deuxième vague, mais je préfère être à l’arrière et remonter le peloton que devant et me faire dépasser !

Ça fait que malheureusement, je n’aurai probablement pas l’occasion de rencontrer Louise avec qui j’avais jasé au Vermont 50, ni l’ancien ministre Stockwell Day. J’aurais aussi énormémenet apprécié serrer la pince aux membres de la célèbre Team Hoyt, mais à moins qu’ils soient à l’expo-marathon, ça n’arrivera probablement pas: ils seront de la dernière vague.

Philadelphia 100 Mile Run:

Je suis tombé là-dessus par hasard, en me promenant sur le site Run 100s. Heu, de quessé ?  Les ultras, ça se fait dans le bois, dans des coins perdus, non ?

Hé bien pas celui-là. Il se déroule en pleine ville, sur les bords de la rivière Schuylkill. En tout, 12 fois une boucle de 8.4 milles, en très majeure partie sur pistes cyclables asphaltées.

Je connais plutôt bien le coin, le parcours du marathon empruntant de bonnes parties de cette boucle. Mais faire 12 fois le tour d’un parcours de ville presque totalement plat ?  Il y a de quoi virer complètement dingue !  Ce que les coureurs doivent être écoeurés de les voir, les foutues marches à Rocky à la fin !  Non merci pour moi. Je risque de faire Badwater avant, c’est bien pour dire…

Boston, le mal placé

C’est le rêve de tout marathonien. Tout le monde connait cette course mythique et même les non-coureurs savent qu’on ne peut pas y participer autrement qu’en se qualifiant. Quand on commence à courir, c’est notre Everest: se qualifier pour Boston.

À mes débuts, le standard que je devais atteindre était 3:15:59. Wow, impossible… Mon but a d’abord été de faire un “demi-Boston”, soit tenir la vitesse désirée sur un demi-marathon. Je n’ai atteint cet objectif qu’une fois rendu à 40 ans, en faisant 1h34 sur un demi. Prochain objectif: l’avoir pour vrai.

C’est arrivé l’année suivante, à Mississauga. Mais bon, je n’ai pas été admis, mais je me suis repris l’an passé à Ottawa et serai à Boston cette année. Sauf qu’il y a un détail que je n’avais pas considéré pendant toutes ces années: la date.

Le Marathon de Boston se tient toujours le troisième lundi du mois d’avril. Or, pour nous qui vivons dans les pays nordiques, c’est à peine un mois après la fin de l’hiver. Comme un entrainement pour un marathon s’échelonne habituellement sur 3 ou 4 mois, nous n’avons pas le choix: nous devons absolument nous entrainer durant la saison froide.

Or, ça s’avère parfois difficile (j’en ai peut-être déjà glissé un mot)… La neige, la glace et les journées courtes font en sorte qu’il est difficile de faire du travail de vitesse. En effet, le coureur craint toujours de glisser et de se planter, alors il est plus prudent. En plus, pas facile de bien voir le GPS et suivre sa progression quand le soleil est couché à partir de 17 heures. Et je ne parle pas de la neige… Pour ma part, ce n’est que la semaine dernière que j’ai vraiment commencé les intervalles, soit moins de six petites semaines avant la course. Avant ça, je faisais du fartlek ou quelque chose du genre: je me donnais un objectif au loin (une pancarte, un poteau, une maison, etc.) et sprintais jusque là. Et ça, c’était quand la surface le permettait. C’est mieux que rien, mais ce n’est pas l’idéal.

Pour ce qui est du travail en côtes, on a un peu le même problème. Les montagnes environnantes (monts Royal et St-Bruno) sont difficilement praticables à la course en hiver. On n’a pas tous la chance d’habiter Sherbrooke… Or, je l’ai constaté l’an passé, faire des côtes, c’est très payant et en plus, il semblerait qu’il faut se préparer parce qu’il y en a trois belles vers la fin du parcours à Boston.

Bref, je me suis déjà demandé pourquoi le taux de “requalification” au Marathon de Boston n’était que de 46%. Je pense en avoir une réponse à tout le moins partielle ici: sa situation dans le temps qui “empêche” certains participants de se présenter au départ dans la forme optimale qu’ils avaient le jour où ils ont finalement réussi leur exploit personnel.

Ceci dit, je suis tout de même optimiste. Je sais, je suis déjà qualifié pour 2014 et je ne compte même pas participer de toute façon. Mais je veux me requalifier, c’est mon premier objectif. C’est comme une question de principe, une façon de “valider” ma présence là-bas. Après ça, j’aimerais bien faire mieux qu’à Ottawa. Mon record personnel ? Je n’y pense même pas.

Et puis, il ne faut pas oublier que tout peut arriver côté conditions, Il faisait 30 degrés  (!) au départ l’an passé. Dans un cas pareil, les objectifs…  D’ailleurs le taux de requalification avait chuté dramatiquement.  De toute façon, je cours depuis assez longtemps pour savoir qu’il faut être prêt à faire face à n’importe quoi !

Le Marathon de Tokyo

La saison des grands marathons débutera ce dimanche avec le Marathon de Tokyo, premier des World Marathon Majors à être disputé cette année.

Quels sont les autres ?  Boston en avril, Londres aussi en avril, Berlin en septembre, Chicago en octobre et New York en novembre. Des points sont attribués aux 5 premiers, autant chez les femmes que chez les hommes, lors de chacune de ces courses sur une période de deux ans. Celui et celle qui terminent au premier rang empochent un beau boni de 500000 $. De quoi se motiver, non (j’aime mieux ne pas penser à Scott Gomez qui va faire 10 fois plus en restant tranquillement chez lui…) ?  Les résultats des marathons des Championnats du Monde et des Jeux olympiques sont également comptabilisés dans ces classements, mais ne sont toutefois pas considérés comme faisant partie des Majors.

Depuis 2000, j’avoue avoir un fort penchant pour le Japon. À l’époque, j’y ai passé 6 semaines dans le cadre du travail et j’ai tout simplement adoré l’expérience. La réserve, le respect mutuel et l’altruisme des Japonais m’ont séduit. J’ai énormément apprécié pouvoir me promener dans les rues à toute heure, sans jamais éprouver le moindre soupçon de crainte. Car pour ce peuple, l’honneur est beaucoup plus important que  tout l’argent du monde. Et commettre un acte criminel, c’est se déshonorer. On ne peut pas dire que tout le monde pense de la même façon par ici. Enfin…

La très grande propreté des villes est un autre aspect qui m’a frappé. L’hôtel où j’habitais était situé à Yokohama, en banlieue de Tokyo. Ok, ça fait bizarre de décrire la deuxième plus grande ville d’un pays aussi peuplé comme étant une banlieue, mais bon… Toujours est-il que nous étions à peine à 30 minutes de LA grande ville, alors je suis allé y faire un tour à quelques reprises. À mon grand étonnement, Tokyo est très peu polluée, moins que Montréal à mon avis. Il y a beaucoup de grands espaces verts où on peut se promener en toute tranquillité. C’est vrai qu’ailleurs en ville, ça grouille de partout et il y a toujours plein de monde. Je me sentais exactement comme le personnage de Bill Murray dans Lost in Translation: perdu, complètement en dehors de mon élément. Mais j’ai adoré.

Sauf que le Japon, ça se vit, ça se ressent. Ça ne se visite pas vraiment. À part le mont Fuji, il n’y a pas grand chose à voir côté touristique. Pas de Statue de la Liberté, de Grande Muraille, de Tour Eiffel, de Colisée, de Golden Gate Bridge, etc. Et en plus d’être très loin, le coût de la vie y est très élevé.

C’est la raison pour laquelle malheureusement, le Marathon de Tokyo ne fait pas partie de ma bucket list des marathons à faire: le jeu n’en vaut tout simplement pas la chandelle. J’ai bien d’autres endroits à voir dans le cadre d’une course avant de retourner là-bas. Dommage.

Ça ne m’empêchera toutefois pas de suivre à distance ce qui se passera dans les rues de cette ville qui devrait servir de modèle à toutes les grandes cités sur cette terre.

Dans ma boîte de courriels

Deux petits messages intéressants dans ma boîte de courriels cette semaine.

Le premier provenait de l’organisation du marathon de Boston qui faisait l’annonce officielle de son contingent de coureurs d’élite. Plusieurs anciens champions reviennent ainsi que des coureurs qui se sont très bien classés dans les marathons les plus prestigieux de la planète. Une belle brochette d’invités, il n’y a pas à dire. Du côté américain, les deux meilleurs (Meb Keflezighi et Ryan Hall) seront là. L’unifolié sera représenté par Eric Gillis (qui a terminé 22e aux Jeux olympiques et qui avait remporté le demi Scotia Bank l’an dernier au parc Jean-Drapeau) et Robin Watson (que je ne connais pas).

Tout ça pour dire que je me suis rendu compte d’une chose: je vais avoir le privilège de courir exactement sur le même parcours, le même jour, que l’élite mondiale de la discipline. Moi, le gars qui s’est essayé à courir pour la première fois à 36 ans, je vais partager le “terrain de jeu” des meilleurs au monde. Connaissez-vous bien des sports où ça peut se faire ?  Le golf ?  Oui, mais pas en même temps. Le hockey ?  Même chose (et encore là…). Le cyclisme ?  Toujours la même chose. Alors que moi, le 15 avril prochain, je vais affronter les mêmes conditions que les plus grands coureurs du monde. Wow…

L’autre message provenait de la boutique “Coin des coureurs” du quartier Dix30 et s’intitulait “Recherche de bénévoles”. Quand je l’ai ouvert, j’ai passé par dessus les habituels articles en promotion et suis allé au vif du sujet. On nous annonçait que le demi-marathon hypothermique affichait complet, mais qu’ils cherchaient des bénévoles et… des lapins de cadence.

Ha, intéressant ça… Depuis mon premier marathon, c’est mon rêve: devenir lapin de cadence. Il y en a qui rêvent de devenir astronautes, d’autres de réussir un trou d’un coup au golf (croyez-moi, c’est largement surévalué comme “exploit”), moi je rêve de devenir lapin de cadence (et de faire un 100 milles, bien évidemment). Car en plus de me permettre de remettre à d’autres ce que tant de lapins m’ont si généreusement donné, ça m’amènerait une fierté, une espèce de reconnaissance. Et voir la satisfaction dans les yeux des gens que j’aiderais, sentir leur gratitude, ça n’a tout simplement pas de prix.

Donc, j’ai pris le téléphone (c’est bizarre de constater que ça me prend une semaine pour ne pas rappeler le dentiste et que c’est finalement ma douce moitié qui finit par le faire alors que quand ça concerne la course, j’appelle immédiatement…) pour contacter Rosie, la très sympathique gérante de la boutique. Elle  a pris mes coordonnées et m’a promis de me rappeler car ce n’était pas elle qui s’occupait du dossier. 15 minutes plus tard, Rosie me revenait: il ne restait qu’une seule “place”: le 2h30. Et pour le 2h30, il faut que ce soit fait en “10:1”. Il faut donc alterner 10 minutes de course avec 1 minute de marche, selon la méthode de Dieu Stanton, leur père-fondateur (méthode à laquelle je n’ai jamais adhéré).

2h30 ?!?  En tant que lapin de cadence, mon rôle serait de garder un rythme le plus constant possible afin de permettre aux gens qui m’accompagneraient de réussir ce temps-là. Mais merde, c’est plus que 7 minutes au kilomètre !  Ça veut dire que 6:30/km, c’est trop vite et 7:15/km, c’est trop lent. Je ne serais même pas capable de sentir la différence entre les deux ! Et ça, c’est sans compter la cadence de marche avec laquelle je devrais composer.   Non, c’est un job pour quelqu’un qui court un demi en 2h10-2h15, pas pour moi. Je serais carrément nul dans ce rôle-là.

J’ai donc refusé, un peu à contre-coeur et dit “À une prochaine fois” à Rosie. Dommage…

Toronto ou Mississauga ?

Ha le mois de janvier… Les grands froids (ben, pas vraiment ces derniers jours, mais ça va revenir), la neige, les journées qui allongent tranquillement. Pour bien des coureurs, c’est le moment de l’année pour établir le calendrier de compétitions pour les 12 mois à venir. Et pour plusieurs, un marathon au printemps, c’est définitivement un must. Ottawa semble le choix évident, mais il s’emplit vite (il est déjà vendu à 67%) et dans d’autres cas, il est aussi possible que le coureur ne soit pas disponible à la date prévue pour la course.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, au cours mes premières années dans le merveilleux monde de la course, je participais presque systématiquement à trois épreuves: le demi-marathon Scotia Bank de Montréal en avril, le Tour du Lac Brome en juin et le Marathon de Montréal en septembre.

Puis, en 2010, question de me tenir en « forme de course » plus longtemps durant l’année, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps et de laisser tomber le Lac Brome, que je trouvais trop « vulnérable » à la chaleur de toute façon. Le choix le plus simple pour un marathon au printemps était évidemment le Marathon d’Ottawa. En plus de se dérouler pas trop loin de chez moi, Steph, mon grand ami d’enfance, habite à Gatineau. Je pouvais donc squatter un hôtel pour vraiment pas cher. L’expérience a été magique: une course avec une organisation et une ambiance extraordinaires qui s’est conclue par un record personnel battu de 11 minutes. J’étais définitivement accroc.

2011 arriva et Barbara et moi avons décidé d’enfin nous payer LE voyage: deux semaines en amoureux à Paris. Sauf que je voulais absolument faire un marathon au printemps et nous voulions également éviter les grosses chaleurs de l’été dans la Ville Lumière. Et pas question de faire le marathon en revenant, je n’aurais pas profité du voyage. Ottawa étant à la fin mai, il était définitivement situé trop tard dans le calendrier. Que faire alors ?  Deux choix « potables » s’offraient à moi: Toronto et Mississauga.

Créé en 1977, le Marathon de Toronto était traditionnellement organisé en octobre. Cependant, un autre évènement d’envergure arriva dans le portrait en 2000: le Toronto WaterFront Marathon, qui avait lieu en septembre. Avec son parcours plat et ultra-rapide, il gagna rapidement en popularité et en prestige (ce que je trouve d’ailleurs très ironique: plus un marathon est facile, plus il est prestigieux !). Les problèmes de logistique (fermeture des rues, entre autres) rendit difficile la cohabitation entre les deux, ce qui força le plus petit à se déplacer au printemps pour l’édition 2011.

Ceci ne fit évidemment pas l’affaire de Mississauga (« le Laval ontarien »), la principale banlieue de la métropole du pays. En effet, le marathon de cette dernière avait lieu en mai depuis 2004, sans réel problème de concurrence. Et comble de malheur: les deux marathons allaient avoir lieu… le même jour !

J’ai donc passé des semaines à me poser la question: à quelle course participer ? Je suis allé voir sur des forums de discussions, consulté d’autres coureurs, rien de bien clair n’est ressorti pour m’aider à aiguiller mon choix. J’ai finalement opté pour Mississauga pour deux raisons: l’heure du départ (7h30 au lieu de 9h pour Toronto, qui s’est ravisé depuis) afin d’éviter le plus possible la chaleur (ça peut arriver) ainsi que la très grande facilité à trouver du stationnement tout près du départ. De plus, comme je voulais me qualifier pour Boston, on m’avait dit que le parcours s’y prêtait mieux.

Le jour de la course, un  crachin désagréable est tombé toute la journée, le tout agrémenté par un vent du nord-est à 25-30 km/h et des températures n’atteignant jamais les 10 degrés. Pour la chaleur, on repassera… Le parcours est orienté de façon à ce que les coureurs aient le vent dominant dans le dos sur les 16 derniers kilomètres. Le problème, c’est que le vent dominant, c’est celui du… sud-ouest ! Nous avons donc dû faire face une véritable tempête, mais j’ai tout de même réussi à me qualifier. Par contre, mon temps étant trop « sur la fesse », je n’ai pas été accepté pour Boston cette année-là. Ce n’était que partie remise. 🙂

Mais avec le recul, avais-je fait le bon choix ?  Je n’ai jamais participé à celui de Toronto, alors je ne peux pas être certain. Mais Mississauga, c’est plutôt… ordinaire.  Ha, c’est foutrement bien organisé au départ et à l’arrivée. C’est entre les deux que ça se gâche. Côté points d’eau, vraiment pas de problème, il y en a systématiquement aux deux kilomètres. Mais la course se déroule dans un anonymat presque complet. Nous avons traversé des quartiers résidentiels où les seuls spectateurs rencontrés étaient les gens qui travaillaient sur leur terrain. Des faces en point d’interrogation, j’en ai vu ce jour-là !

De plus, les indications n’étaient vraiment pas claires. À un moment donné, je me suis retrouvé sur une piste cyclable, sur le bord du lac Ontatrio, avec personne devant, ni derrière. J’ai définitivement douté être sur le bon chemin. Se perdre dans un ultra, ça fait partie de la game. Mais dans un marathon ?  Finalement, je n’étais pas perdu, mais je n’ai pas nécessairement un bon souvenir de l’expérience.

Pour vous prouver à quel point les indications étaient mauvaises, celui qui a terminé en première position a éventuellement été disqualifié pour avoir escamoté une partie du parcours. En effet, le chemin à suivre était tellement clair que le cycliste qui l’accompagnait a carrément loupé un détour vers le lac, détour qui comprenait la principale côte du parcours. Ça donne une idée de la présence extrêmement nombreuse des spectateurs sur le parcours, hein ? 😉  Comment on dit ça par chez nous ?  Ha oui: pas fort…

Cet incident a d’ailleurs nui à l’épreuve car la participation a significativement diminué en 2012. Donc, si vous avez à choisir entre les deux, bien que je ne connaisse pas Toronto, j’éviterais Mississauga. À une exception près, cependant: si vous visez un temps de 3h15. Car depuis des années, le lapin de 3h15 est le même et il se tape également ce boulot à Ottawa et au Waterfront. C’est une véritable horloge: il arrive immanquablement sur son temps à 10 secondes près. Vous n’aurez donc qu’à le suivre sans vous casser le ciboulot et il vous amènera à bon port.

Plus près de chez nous, le même jour qu’Ottawa, il y a le Vermont City Marathon, disputé à Burlington. Je ne le connais pas lui non plus, mais on n’en dit que du bien… mise à part son relief pas toujours facile. Je me promets bien d’y aller un jour… mais pas cette année.