Le tapering, version Fred

Jeudi 10 avril. Je suis dans le Vieux-Port, en face du Centre des Sciences, l’endroit d’où je m’élance habituellement quand je cours le soir pour retourner à mon auto, garée à St-Lambert. La température est (enfin) douce, alors je suis habillé en court. Comme Boston n’est que dans 11 jours, je suis théoriquement en tapering. Je dois donc essayer d’y aller plutôt relaxe. Vu que j’espère (je dis bien: j’espère) tenir une cadence moyenne de 4:25/km en course, quelque chose autour de 4:20 serait correct pour les 14 km que j’ai au programme (je sais, tous les experts diront que je vais trop vite, mais c’est comme ça que je m’entraine, bon !). Me connaissant, je vais plutôt me « contenter » de 4:15…

En partant, c’est vent de face. Rapidement, j’ai le souffle assez court. Suis-je parti trop vite ?  Suis-je en train d’en faire trop ?  Bof, le vent dans la face, c’est toujours difficile de toute façon, alors je dois être correct. Le premier kilomètre sonne: 4:11. Shit, pas mal trop vite. Relaxe bonhomme, relaxe !  Je fais ensuite la petite rue devant l’horrible usine Five Roses, puis passe sous l’autoroute Bonaventure en slalomant. Deuxième kilomètre en 4:16. Ok, c’est mieux.

Piste cyclable menant au parc Jean-Drapeau. J’ai maintenant le vent dans le dos. Ma Garmin est toujours fuckée dans ce coin-là, alors pas moyen d’avoir une véritable idée de ma cadence. Troisième bip: 4:12. Comment ça, 4:12 ?  Avec le vent dans le dos, de la façon que j’appuie, je devrais être un peu plus rapide, non ?  Je passe devant Habitat 67 (je devrais m’arrêter de temps en temps pour l’admirer, celui-là), puis monte sur le pont de la Concorde. Quatrième kilomètre en 4:14. Tab… !  Déjà, je ne pense plus à relaxer. J’essaie de me raisonner: « Il y avait une petite montée, c’est normal que ce soit un petit peu plus lent… ». Rien à faire, je me dis qu’avec les efforts que je produis, le vent dans le dos, je devrais être plus rapide.

Mon cinquième kilomètre se fait en 4:09. Ok, c’est mieux. Je descends sur le circuit et me dirige vert l’est. Arrivé sur l’île Ste-Hélène, j’entame le tour de l’Isle. Habituellement, je le fais 3 fois, mais comme je suis en tapering, je n’en ferai que 2, un dans chaque sens.

Montée abrupte vers le pont Jacques-Cartier. Les efforts des derniers mois semblent payer car je la sens plus facile que d’habitude. J’arrive en haut un peu essoufflé, mais je suis bien. Ok, je suis en tapering (je suis en tapering, je suis en tapering…) , je vais prendre ça relaxe pour la descente. Mais c’est ma dernière occasion ou à peu près de travailler ma technique… Je me penche donc vers l’avant et entame la descente presque à fond, tâchant de faire mouliner les jambes rapidement et que le contact des pieds avec le sol se fasse sous mon bassin. Pas évident…

Je termine la descente, me rends jusqu’au Hélène-de-Champlain (qui est en rénovation depuis une éternité), puis fais demi-tour. Relaxe bonhomme, relaxe…

J’attaque la côte que je viens à peine de descendre, question de retourner vers le pont. Elle n’est pas tellement abrupte, mais elle est relativement longue (selon les standards de la course sur route, on s’entend) et me fait énormément penser à la fameuse Heartbreak Hill. Plus haut, devant moi, un gars se dirige vers le pont à vélo. Il tourne un braquet minuscule et n’avance pas, alors qu’est-ce qui me passe par la tête ?  L’idée d’arriver sur le tablier avant lui, bien évidemment !

J’ai maintenant un objectif, on fera du tapering plus tard. J’accélère, gardant le vélo en point de mire. Je gagne du terrain, je vais plus rapidement que lui, c’est évident. Ha ha, je vais l’avoir, lalalère !  Je le rejoins et le dépasse à une cinquantaine de mètres du tablier. Même pas difficile. Tiens toi !

Coup d’oeil à la moyenne: 4:14. Compte tenu des côtes, c’est trop rapide. Mais le pont est là, il m’attend…  C’est que je cours toujours très bien sur le pont Jacques-Cartier, je ne sais pas pourquoi. Contre toute logique, j’enclenche donc la vitesse supérieure. Bout plat, petite montée et longue descente vers la rive sud. Une fois rendu à St-Lambert, toute idée de retenir mes élans s’est envolée. Comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions. J’enchaine les kilomètres autour de 4 minutes, faisant fi de la raison. Rendu près du but, après 14 kilomètres, je m’arrête finalement. Moyenne globale: 4:10/km.

Durant mon retour au calme, la raison me rattrape enfin. Pourquoi tu es allé si vite, du con ?

Note: j’y suis allé plus relaxe cette semaine… mais jamais assez. Je suis vraiment incorrigible.

 

C’était une belle journée

La température était fraiche, juste comme il faut. Il faisait un beau soleil et les vents étaient légers. Des conditions idéales pour la course, quoi.

J’avais perdu mon combat contre le parcours par décision partagée: au 34e kilomètre, j’avais été assailli par des crampes. Je ruminais à ça, paisiblement allongé dans le bain. Qu’est-ce que j’aurais pu faire de différent ?  Comment allais-je attaquer ce parcours accidenté la prochaine fois ?  Est-ce qu’il y aurait seulement une prochaine fois ?  J’avais déjà mon ticket pour l’année suivante, mais est-ce que ça me tentait vraiment ?

Puis LA nouvelle est arrivée à nous. Incrédulité. Stupeur. Consternation. Les images montrant l’aire d’arrivée étaient terrifiantes, d’une horreur sans nom. On venait de s’en prendre à mon sport. On venait de s’en prendre à ma communauté. J’étais passé à quelques mètres des bombes, j’aurais pu faire partie des victimes.  On nous avait attaqués. Nous, les coureurs.

Du coup, comme des millions de mes semblables à travers le monde, j’ai perdu mon innocence. Notre monde ne serait plus jamais pareil. Ha, les conversations et rigolades d’avant et d’après-course seraient toujours de mise. Après l’arrivée, je féliciterais et recevrais des félicitations de la part des autres coureurs, comme avant. Mais nous aurons toujours ÇA en arrière-pensée.

Ça s’est passé le 15 avril 2013, il y a un an. Jamais je n’oublierai.

Comme un enfant

Ceux qui me lisent souvent savent que je suis comme un enfant quand je cours: je ne pense qu’à m’amuser. J’adore être dehors, faire de la trail et ne déteste évidemment pas me salir un peu au passage. Comme si j’avais l’impression de plus profiter de ma sortie dans le bois si je revenais avec un peu de bouette sur mes vêtements.

Mais il n’y a pas que dans ce temps-là que je me sens comme un petit gars. Quand ça concerne les grandes courses, c’est la même chose. L’an passé, à chaque fois que je recevais une lettre ou un courriel de la Boston Athletic Association, j’étais tout énervé. Je trouvais donc qu’ils étaient bien organisés, qu’ils pensaient à tout, qu’ils prenaient tellement soin des coureurs (tout ça est toujours vrai, soit dit en passant)…

Cette semaine, j’ai reçu mon passeport pour l’événement, le tout accompagné d’un petit livret explicatif qui donne tous les renseignements utiles et nécessaires en vue de la course. Et vous savez ce que j’ai fait avec l’envoi ?  J’ai pris deux jours avant de l’ouvrir !  L’an passé, je me garrochais sur chacune des lettres, lisant attentivement chaque phrase, chaque mot, comme si c’était la fin du monde. Cette année ? Bof…

Je me suis rendu compte que j’étais comme un enfant qui voulait absolument avoir un cadeau très précis à Noël ou à sa fête. Pendant des années, j’ai rêvé de me qualifier pour le mythique Marathon de Boston. J’ai tout mis en œuvre pour atteindre cet objectif et quand je l’ai atteint, j’étais tout énervé. J’ai beaucoup « joué » avec mon cadeau la première année que je l’ai eu, mais cette année, on dirait qu’il ne m’amuse plus autant. En tout cas, je n’en fais vraiment plus un plat. Jamais je n’aurais cru que ça m’arriverait un jour…

Ceci dit, l’expérience vécue l’an passé (je parle au niveau sportif, pas des attentats) a été riche en apprentissage. Le parcours, je le connais mieux. Je sais maintenant reconnaitre que les petites bosses montrées sur le relief, ce sont de vraies côtes. Et il y en a beaucoup. Malgré le fait que le dénivelé soit négatif au global, ce parcours est le plus difficile que j’ai vu en marathon. Si on le prend à la légère, on en paie le prix.

Je me suis préparé en conséquence. Est-ce que ça va me rapporter ?  L’avenir seul nous le dira.

Des nouvelles des grands marathons

La fin de semaine dernière, je regardais les résultats du Marathon de Tokyo. Bien évidemment, il a été dominé par les Kenyans qui ont pour ainsi dire monopolisé le top 10. En effet, parmi les 10 premiers, on retrouve pas moins de 7 Kenyans !

Dans l’article, on nous apprend que le gagnant, Dickson Chumba (2:05:42), n’a pris que 14:21 entre les kilomètres 35 et 40. Je n’en revenais tout simplement pas. Ici au Québec, je doute honnêtement qu’il y ait quelqu’un qui soit en mesure de faire un tel temps sur un 5 km. Chumba a accompli cet exploit à la toute fin d’un marathon. Incroyable…

Autre chose que j’ai remarquée en regardant ces résultats: les temps et les athlètes qui les ont réussis. Bien que je sois loin d’être une référence en la matière, il y a un seul nom qui sonnait des cloches quand je l’ai vu: Abel Kirui, deux fois champion du monde et médaillé d’argent à Londres, qui a terminé en 10e place en 2:09:04. Tous les autres m’étaient inconnus et pourtant,  ils sont “descendus” sous les 2h08. C’est sidérant qu’un pays puisse produire autant de coureurs de si grande qualité. Un championnat national au Kenya, ça doit être tout un spectacle !

Mais vous savez ce qu’il y a d’encore plus étonnant ?  Ce pays n’a produit qu’un seul champion olympique au marathon. Hé oui, il s’agit de Samuel Wanjiru qui aurait probablement été le plus grand coureur de tous les temps (il n’avait pas encore 22 ans quand il a remporté le marathon des Jeux de Pékin)… s’il n’avait pas été pris en flagrant délit d’adultère par son épouse. En effet, cette dernière, le trouvant au lit avec une autre femme, enferma le couple dans la chambre située au deuxième étage. Wanjiru a alors tenté de sauter à partir du balcon (on ne sait pas trop pourquoi) et la chute a été mortelle. Un peu loser comme façon de mourir, pas vrai ?

Marathon de Boston. J’ai appris la semaine dernière mon numéro de dossard et mon couloir de départ. Numéro 6693, 7e couloir de la première vague. Ouch !

Pourquoi je dis ça ?  Parce que malgré un temps de qualification 5 minutes et demi plus rapide, je me retrouve dans le même couloir que l’an passé, avec à peu près le même numéro de dossard. Ça veut donc dire que le contingent de coureurs présents cette année sera très, très fort. Pour vous donner une idée, le “temps de coupure” de la première vague est de 3:12:52. Oui, 9000 coureurs qui ont fait moins de 3h13 !  Tout autour de moi, il y aura des gens qui “valent” 3h06, alors que moi, je suis bien loin de ça. Au mieux, je vaudrai 3h10… Il n’y en aura pas de facile !

Côté sécurité, l’organisation met tout le monde en garde, y compris évidemment les spectateurs: les forces policières seront omniprésentes sur le parcours et tous doivent s’attendre à être fouillés. J’espère que l’enthousiasme de la foule n’en sera pas atténué, ça fait partie du charme de cette course. Entre autres, je pense évidemment au fameux scream tunnel des étudiantes de Wellesley College, une tradition à Boston. S’il fallait que la sécurité empêche les coureurs d’avoir leur petit bec au 20e kilomètre…

Marathon de Chicago. Moi qui ai toujours cru qu’il fallait s’inscrire à une loterie ou faire partie d’un groupe caritatif pour participer à ce marathon, voilà que j’ai appris en navigant sur le site de l’événement qu’on pouvait se qualifier et ainsi, obtenir une place garantie. Les critères de qualification ?  D’une simplicité hors du commun: pour l’édition 2014, toute personne qui aura réussi le standard demandé (3h15 pour les hommes et 3h45 pour les femmes) sur un parcours accrédité après le 1er janvier 2012 sera admise. Point final. Pas de zigonnage avec les catégories d’âge.

J’ai trouvé ça intéressant. Ça veut dire que si je voulais courir Chicago, je serais déjà assuré de pouvoir le faire cette année et l’an prochain. Hum, une troisième grand Marathon dans ma besace ?

Bémol cependant: 1350 km, soit la distance entre Montréal et Chicago. C’est deux fois plus loin que se rendre à Philadelphie. Ça pourrait se faire en voiture, mais c’est un peu long à mon goût. Surtout pour courir “seulement” un marathon. L’avion ?  Beaucoup de frais supplémentaires. Et pour une destination pas tellement intéressante, dans le fond. San Francisco, Vancouver, l’Europe, c’est à voir. Mais Chicago ?  Bof…

Marathon de New York. Les inscriptions en vue de la loterie fermaient mardi. Je souhaite la meilleure des chances à ceux qui ont tenté le coup car New York, ça vaut vraiment la peine de le faire une fois dans sa vie.

Cette semaine, j’ai reçu le livre-souvenir de l’édition 2013 par la poste. La grande classe. En papier glacé, on y retrouve quelques articles et surtout, tous les résultats. Ça m’a permis de vérifier si mon nom y était inscrit pour l’éternité et il l’est, à la 1500e place précisément. Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir le temps de la personne qui a terminé à a 50134e et dernière place. En fait, ils sont deux à partager cet honneur en arrêtant le chronomètre en 10:17:52. Oui, plus de 10 heures pour compléter un marathon !  Je présume qu’une des deux personnes souffrait d’un handicap, je ne peux pas croire…

Petite nouvelle de Boston

L’an passé, j’ai eu la chance de prendre part aux deux marathons les plus prestigieux en Amérique et peut-être même au monde: Boston et New York.

Suite aux attentats de Boston, les mesures de sécurité avaient été accrues pour New York. Aussi, ces deux courses ont un point en commun: une attente qui ne finit plus avant le départ. Des heures à grelotter avant de finalement s’élancer. Alors bien que le parcours et le seul fait de courir dans les rues de la Grosse Pomme en valaient la peine, je me suis dit: “Plus jamais”.

Ce n’était pas la première fois que ces mots me traversaient l’esprit. À Boston, je réalisais un rêve, c’était l’aboutissement de plusieurs années d’efforts. C’est avec une énorme fierté que je me suis présenté au départ. J’ai cependant déchanté tout au long de la course, ma préparation pour un tel parcours n’étant tout simplement pas adéquate. Ajoutez à ça l’irritation d’avoir attendu avant la course et dès que j’ai franchi la mi-parcours, j’ai commencé à me dire: “Plus jamais !”. Mais il y a eu les événements que l’on connait et je ne pouvais pas ne pas retourner. Je devais ça aux victimes, à la communauté des coureurs. Ce serait toutefois la dernière fois.

Hé bien hier, j’ai reçu un courriel de la Boston Athletic Association qui m’a conforté dans mon idée. Car non seulement les mesures de sécurité seront multipliées cette année (pas la fin du monde, ce n’était pas si pire à New York), mais il ne sera pas permis de transporter de sac en direction d’Hopkinton, ni de faire ramener des effets personnels à l’arrivée. Il sera permis de laisser un sac contenant nos effets personnels près de l’arrivée au moment d’embarquer dans l’autobus nous amenant au départ et c’est tout. Dans l’aire de départ, aucun sac ne sera permis.

Donc, si on se les gèle comme l’an passé, on devra amener des vêtements chauds et les laisser sur place, c’est ça ? Vous trouvez l’attente est trop longue ?  Vous pouvez amener de la lecture, mais devrez l’abandonner derrière vous ou transporter votre livre tout au long du parcours. Vous avez faim ?  On a tout ce qui faut dans le Village des athlètes. Ha oui ?  Même des bretzels au beurre d’arachides ?

Ce qui me dérange dans cette affaire-là, ce n’est pas le fait d’être forcé de donner mon vieux linge laid à des organismes de charité. C’est plutôt de perdre la liberté de choisir mon habillement de course juste avant le départ. Supposons que la température anticipée est borderline entre porter mon coupe-vent ou pas, je fais quoi ?  Comment savoir, plusieurs heures à l’avance, alors que le soleil n’est même pas levé ?  Si je l’enfile et qu’il fait trop chaud, je vais péter dans les Newton hills, c’est certain. Au contraire, si je choisis de ne pas l’utiliser et qu’un vent froid se lève, je me les gèle pendant des heures. Bref, ne pas avoir ce choix au départ d’un grand marathon, je trouve ça très, très ordinaire.

La raison invoquée ?  Aucune. La raison d’après moi ?  La logistique qui entoure le transport des effets personnels. Ça prend beaucoup d’autobus/camions, ça coûte cher et ça implique que les coureurs demeurent plus longtemps dans l’aire d’arrivée. Sans compter l’apport de dizaines de bénévoles supplémentaires. Avec un contingent de coureurs beaucoup plus imposant cette année, c’est une décision que l’organisation a prise.

C’est leur droit. Comme ce sera mon droit de ne pas y retourner.

Cout’ donc, avec Montréal, New York et maintenant Boston sur ma liste des marathons que je ne compte plus faire à l’avenir, une question s’impose: vais-je continuer à faire des marathons ?

Une sagesse qui va rapporter ?

En fin de semaine, ma douce moitié m’a laissé entendre que je n’écrivais plus aussi souvent qu’avant. Bon, Madame me réclame maintenant !  😉  Je lui ai fait comprendre qu’en février, il ne se passait pas grand chose côté course/entrainement et que je risquerais de me mettre à radoter si je devais encore une fois aborder le sujet de la course hivernale, même si ça demeure une source intarissable de chiâlage de ma part.

Petite anecdote cependant. Ma belle-maman a un peu freaké en lisant le blogue de Pat, se demandant si j’ambitionnais moi aussi de faire l’UTMB un jour. Ben, heu… oui, pourquoi pas ?  L’UTMB, c’est le Marathon de Boston de la course en sentiers, ce serait cool de pouvoir dire que j’ai fait les deux, non ?  Mais bon, une étape à la fois. Tout d’abord, une bonne base d’ultras plus courts (ok, moins longs): 60k, 80k (50M), 100k, etc. Puis des 100 milles, pour voir si je suis capable, si j’ai bien appris et si j’aime ça (je sais que je vais aimer, je suis nono de même). Chaque chose en son temps.

En attendant, ça fait 2-3 semaines que je traine un malaise à la hanche gauche. Rien de bien grave, pas assez pour m’empêcher de courir en tout cas. Je commence à boitiller dans les heures qui suivent la course, puis ça se replace tranquillement… pour revenir après la sortie suivante. Quand je cours, je ne ressens rien.

Sauf dimanche, où ça a pris un bon 7-8 kilomètres avant que ça se réchauffe assez pour que je n’y pense plus. Des intervalles la veille d’une longue sortie, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle, je l’accorde. J’ai commencé à me rendre compte que ma foulée en était affectée. Préoccupant. Ajoutez à ça un tendon extérieur du genou gauche qui s’est mis à émettre des plaintes lui aussi autour du 30e kilomètre de ma sortie dans les rues de ma petite ville (en passant, je commence à vraiment en avoir ras le pompon de virailler dans les rues; je suis tanné de l’hiver, vous en avais-je déjà parlé ?)

Bref, j’ai eu un éclair de sagesse et ai pensé laisser à ma vieille carcasse la chance de récupérer un peu: j’ai décidé hier de “sauter” ma sortie de vitesse prévue aujourd’hui. Décision qui n’a pas été facile à maintenir car la hanche ne dit presque plus rien et le genou jase encore moins. J’essaie de voir ce repos pas tellement forcé comme un investissement.

J’espère qu’il être payant…

Les petites vites de février

Les courses au grand froid. Plusieurs d’entre nous courons, hiver comme été. Il est donc normal qu’il y ait des compétitions à longueur d’année… et pas seulement à l’intérieur. Ainsi donc, c’est dimanche qu’avaient lieu le Winterman Marathon à Ottawa ainsi que le Demi-marathon hypothermique au parc Jean-Drapeau.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, ces épreuves me font toujours un peu peur à cause… du froid, bien évidemment !  De plus, je ne peux être certain pour le Winterman, mais je sais que les îles Ste-Hélène et Notre-Dame sont très exposées au vent et il peut être assez pénible merci d’y courir quand le dieu Éole est de la partie.

Et la journée de dimanche n’est pas demeurée en reste du côté météo, avec une température de -15 degrés et un vent autour de 30 km/h. Ajoutez à ça l’humidité omniprésente en plein milieu du fleuve et j’en ai les frissons juste à y penser. Je sais, on a connu pire cet hiver, mais quand on est à l’entrainement, on a toujours l’option d’arrêter pour se réchauffer ou tout simplement retourner à la maison. En course, ce n’est pas la même chose.

Bref, toutes mes félicitations aux participants, j’ai eu une pensée pour vous pendant que je courais dans les rues enneigées de ma petite banlieue.

La demande est-elle suffisante ?   Les ultramarathons en sentiers, c’est quelque chose de relativement nouveau au Québec. L’Ultimate XC de St-Donat et le XC de la Vallée font figures de pionniers et pourtant, ces épreuves n’existent que depuis quelques années. En 2013, d’autres épreuves ont fait leur apparition, je pense entre autres à la Chute du Diable (50k), à l’UT Harricana (65k) et au Tour du Massif des Falaises (50k).

Déjà, on se retrouvait avec une quantité non-négligeable d’épreuves, assez pour satisfaire l’apprenti ultramarathonien en tout cas. Or, voilà que pour 2014, d’autres épreuves ont fait leur apparition:

  • L’Estrie 50, une course de 50 milles qui empruntera une partie des Sentiers de l’Estrie
  • À St-Donat, une course de 120 km a été ajoutée, sur “invitation” pour cette année, mais sur “qualification” à partir de 2015
  • La Pandora 24, une course de 24 heures qui se déroulera dans les mêmes sentiers que le Tour du Massif des Falaises
  • La Chute du Diable a ajouté une épreuve à sa liste: un 80 km
  • L’organisation de l’UT Harricana offre également un 80 km aux coureurs cette année
  • La Trans Gaspésia, une course par étapes de 260 km
  • J’ai entendu entre les branches qu’il y aurait également un ultra organisé à Bromont cet automne

À mon humble avis, ça fait beaucoup de courses pour un bassin de coureurs relativement réduit. En comparaison, bien que la course sur route demeure beaucoup plus populaire, il n’y a toujours que 4 “vrais” marathons au Québec. On estime qu’il y a environ 300 ultramarathoniens ici, chiffre que je trouve réaliste car même si je cours en sentiers depuis seulement deux ans et n’ai pas fait beaucoup de courses, j’ai l’impression de revoir les mêmes visages à chaque fois. Bref, je m’interroge à savoir si la demande est vraiment là pour une telle quantité d’épreuves… En tout cas, on le souhaite très fort !

Les intervalles.  J’en ai glissé un mot l’an passé, je trouve le Marathon de Boston bien mal placé dans le calendrier. En effet, toujours cédulé le troisième lundi d’avril, il exige que les coureurs fassent la majeure partie de leur entrainement en plein hiver.

Question: avez-vous déjà essayé de faire des intervalles en hiver ?  L’air arctique qui gèle les poumons, on peut s’y faire, mais la neige qui nous fait spinner ?  Et la glace qui transforme chaque virage en entreprise périlleuse ?  D’ailleurs, les experts recommandent de ne pas faire d’intervalles à l’extérieur en hiver, mais plutôt de s’y astreindre soit sur une piste intérieure, soit sur un tapis roulant. Comme aucune de ces solutions ne m’enchante vraiment (je sais, j’ai tourné en rond pendant presque 4 heures dernièrement, mais c’était dans le cadre d’une compétition, bon !), je me retrouve à ne pour ainsi dire pas faire grand chose pour améliorer ma vitesse, à part quelques sprints ici et là, quand la surface le permet. Je me suis aussi lancé dans la neige folle jusqu’aux mollets samedi dernier, m’époumonant à avancer à 6:00/km. Je ne sais pas si ça a aidé, mais c’était bien amusant !

Les côtes. Elles sont essentielles en prévision de Boston, le foutu parcours n’étant jamais plat. Monte, descend, monte descend… Mais bon, il n’y a pas vraiment de côtes dans mon coin et j’hésite toujours à trop m’éloigner de la maison quand il fait froid… Bref, un déménagement à Vancouver commence presque sérieusement à être envisagé !  😉

Le talon. Selon les théories à la mode ces dernières années, la cause principale des blessures répétées chez les coureurs serait… le coussinage trop épais des chaussures de course. En effet, l’être humain serait mécaniquement constitué pour courir. Durant la préhistoire, il pourchassait ses proies sans relâche, en courant pieds nus. Avez-vous déjà couru pieds nus en atterrissant sur le talon ?  Ouch !

Pourtant, c’est ce que l’absorption hors norme que nous procurent les chaussures modernes nous incite à faire. Et à la longue, cette mauvaise habitude finirait par créer des problèmes au niveau musculo-squelettique. Depuis que je cours, je n’ai jamais senti que c’était mon talon qui touchait le sol en premier, j’avais plutôt l’impression que chaque partie de mon pied faisait contact avec le sol en même temps que ses congénères. En regardant mes souliers, je me disais même que je devais faire le tout correctement car le devant de la semelle était toujours la partie qui usait en premier.

Or, les photos du marathon intérieur m’en ont donné un premier aperçu, puis j’en ai eu la confirmation en regardant plus attentivement les semelles de mes souliers de route: à chaque foulée, le premier contact de mes pieds avec le sol se fait par l’extérieur du talon. Pas que l’impact se fasse directement sur le talon, mais disons que ma foulée n’est pas optimale. Si je ne veux pas me retrouver sur les lignes de touche de façon permanente d’ici quelques années, je dois essayer de changer ça. Quand ça fait des années qu’on court d’une façon, et qu’on est rendu dans le milieu de la quarantaine, plus facile à dire qu’à faire.

Mardi de la semaine passée, je pense que je “l’avais”: corps penché légèrement vers l’avant au niveau des chevilles, je combattais constamment la gravité pour garder mon équilibre. Je sentais les quads qui travaillaient, qui me propulsaient vers l’avant sans effort particulier. Et je volais littéralement. Les premiers 5 km ont été avalés en 20:05. Pourtant, les 3 derniers étaient avec vent de face et je me suis tapé la montée vers l’écluse sur ces 5 km. Je n’en revenais pas. C’était si facile, ça allait tellement bien…

Puis je l’ai “perdu”, quelque part dans la neige deux jours plus tard. Pas facile d’utiliser seulement le bout du pied pour se propulser quand ça spinne. Mais je vais le retrouver, je le sens !

Pas – Chroniques et récits d’un coureur

Je n’étais pas encore considéré comme un ado que déjà, j’étais un lecteur assidu du journal La Presse. Tous les matins, je faisais religieusement le tour de sa section des sports, qui était en format tabloïd à l’époque. En hiver, je lisais tout ce qui concernait le Canadien; en été, c’étaient les Expos. Puis il y a eu les Jeux olympiques, le football, le Tour de France, les grands tournois de tennis, de golf, etc.

Au fil des ans, je suis peu à peu sorti de mon carcan « sports, sports et sports » et j’ai découvert des chroniqueurs de grand talent. Car on peut dire qu’il y en a, des grandes plumes à La Presse, la moyenne s’étant globalement élevée depuis le départ de Réjean Tremblay pour le fascicule publicitaire à la gloire de l’Empire de la Convergence il y a quelques années. Pierre Foglia demeurera toujours le grand maître dans le domaine, mais j’affectionne particulièrement Vincent Marissal et Patrick Lagacé, probablement parce qu’ils sont des hommes de ma génération et ont le don d’appeler un chat un chat. La complaisance, ce n’est pas leur lot. Leurs argumentations sont toujours solidement bâties et leurs opinions valent habituellement le détour, qu’on soit d’accord ou non.

Marc Cassivi est du même moule, mais je ne le lis malheureusement pas assez souvent, vu qu’il est chroniqueur artistique et que je n’ai habituellement pas le temps de me rendre à cette section lors de mes lectures. Même chose pour Yves Boisvert, qui se spécialise dans le judiciaire. Par contre, quand ces deux-là ont la chance de « sortir » de leur domaine et qu’ils se mettent à écrire sur la course à pied (ils sont coureurs tous les deux, tout comme Marissal, d’ailleurs), on constate l’étendue de leur talent. La rubrique « Le dernier tour » du magazine Kmag, que chacun d’eux a signée à quelques reprises, est une pièce de collection à tout coup.

Monsieur Boisvert a poussé l’exercice un cran plus loin en regroupant une quarantaine de petites histoires reliées à son expérience de coureur dans le livre Pas – Chroniques et récits d’un coureur lancé en avril dernier. Oui je sais, ça m’a pris du temps avant de le lire…

PasChroniquesEtRecits

Mais quand je l’ai commencé, je l’ai tout simplement dévoré. Dès la préface signée Marc Labrèche (son ami et ancien voisin à St-Lambert), le ton est donné: le lecteur ne s’ennuiera pas. Dans le bouquin, Boisvert aborde avec humour et beaucoup d’autodérision les différentes étapes qui l’ont amené à courir, sa relation avec le sport, la manière dont il se perçoit ou il se sent perçu, les manies et superstitions que chacun finit par développer, etc. Je me suis tellement reconnu dans ses propos que je ne pouvais effacer un sourire de mes lèvres tout au long de ma lecture. Sauf lors de certains passages plus graves, dont celui où il raconte la mort du jeune homme tombé au combat en terminant le demi dans le cadre du Marathon de Montréal 2011 disputé par une chaleur inhabituelle pour un 25 septembre. L’immense talent de Boisvert ressort dans ce chapitre écrit simplement, les mots choisis exprimant avec une belle justesse l’aspect si dérisoire de cette course contre le temps qui pousse chacun de nous à vouloir aller toujours plus vite, à faire toujours mieux. Probablement mon chapitre préféré.

Il est clair que n’importe quel coureur va se reconnaitre en lisant ce recueil et fort probablement que les non-pratiquants de ce sport reconnaitront également les gens qu’ils côtoient, ces grands dépendants de leurs sorties au grand air.

Bien sûr, tout comme se qui se passe avec ses collègues de La Presse, je ne suis pas d’accord avec tout ce que monsieur Boisvert écrit. Lui court maintenant pour la performance et avait un seul but en tête: Boston (il a fini par se qualifier en septembre 2012 et sera du départ à Hopkinton en avril). Pour ce faire, il a embauché un entraineur et depuis ce temps, suit à la lettre tout ce que ce dernier lui dit.

Pour ma part, ce n’est pas parce qu’un entraineur a eu du succès en appliquant certaines méthodes avec quelques athlètes que ces mêmes méthodes marchent pour tout le monde. Ainsi, l’entraineur de monsieur Boisvert dit qu’un coureur ne devrait pas faire plus d’un marathon par année et s’il le fait, qu’il ne se fasse pas d’illusions: il lui sera impossible de faire un bon temps à chaque fois. Or, c’est exactement le contraire que j’ai fait en 2012, écrabouillant mon PB à Ottawa en mai pour ensuite récidiver à Philadelphie en novembre… sept semaines après avoir fait une course de 50 milles.

Bref, je trouve qu’il s’enferme dans un certain carcan, refusant « sortir de la boîte ». Autre exemple ?  Il dit que les programmes d’entrainement modernes limitent la plus longue sortie d’un coureur à 32 km parce qu’au-delà de ça, c’est plus dommageable que profitable. Ok, c’est la théorie à la mode et ça se tient. Mais avez-vous déjà essayé autre chose pour voir ?  En ce qui me concerne, je me suis mis à battre des records quand je me suis mis à en faire un peu plus…

Ceci dit, ça n’enlève absolument rien à la qualité de cet ouvrage et comme vous l’aurez deviné, je le recommande fortement à tous, que vous soyez coureur ou non.

Bonne lecture !  🙂

Qu’est-ce qui m’attend ?

Comme j’en ai déjà parlé, c’est dimanche prochain que je prendrai part à la course de 50 km dans le cadre du marathon intérieur de Sherbrooke. Piste de 200 mètres, 250 tours à compléter. Simple, non ?  Pas tant que ça. Ce type d’épreuve m’est totalement inconnu et bien que je tâche de tout prévoir, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je me dis que je dois prendre ça comme une expérience, mais je le sais, mon esprit compétitif va travailler pour essayer de trouver la meilleure façon d’obtenir un résultat qui a de l’allure. Que voulez-vous, on ne me change pas.

Première interrogation: l’entrainement. Est-il adéquat ?  Honnêtement, je ne me suis pas entrainé avec cette course-là à l’esprit. Mon premier vrai objectif de la saison, c’est Boston. Ok, j’ai fait quelques distances plus longues (dont une sortie de 36 km) depuis le début de 2014, mais des intervalles ?  Pas vraiment moyen, avec le froid et la glace. La vitesse n’est donc pas là, bien que samedi dernier, je me suis un peu surpris avec du 4:08/km sur 13 km.

Deuxième interrogation: le tapering. Encore là, pas ma meilleure. 84 km la semaine dernière, on ne peut pas vraiment appeler ça du tapering (en ce qui me concerne, du moins). J’y vais très relaxe cette semaine, mais ce sera probablement trop peu, trop tard.

La distance. Bah, c’est “juste” 8 km de plus qu’un marathon…  Ben justement, c’est tout de même presque 20% de plus. Je n’ai fait cette distance que 5 fois dans ma vie (deux ultras, deux fois au mont St-Bruno et une fois sur la route pour le plaisir), ce n’est quand même pas beaucoup. Et il y a l’aspect mental à considérer. En marathon, quand j’arrive aux 25-26e kilomètres, je me dis qu’il ne me reste plus qu’une sortie de semaine à faire et ce sera fini. Mais sur un 50 km, je n’en serai rendu qu’à la moitié. Psychologiquement, j’aurai besoin de m’adapter, c’est certain.

Le psychologique, justement. Tourner en rond comme ça, pendant des heures, ça risque d’être très difficile mentalement. Je ne compte plus le nombre de personnes qui n’en reviennent pas que je me sois embarqué là-dedans, qui me trouvent courageux (ou débile, c’est selon), etc. Moi qui ai envie de pleurer quand je me tape un tour du bassin olympique au parc Jean-Drapeau parce que je trouve ça ennuyant, imaginez 250 tours… Sauf que je compte bien utiliser le tout à mon avantage. On dit toujours qu’il ne faut jamais voir une course longue distance dans son ensemble, qu’il est de beaucoup préférable de la fractionner mentalement en plusieurs petites courses. Ainsi, durant un ultra en trail, on ne doit penser qu’au prochain poste de ravitaillement et oublier le reste. Puis au suivant, puis au suivant… J’avoue que ça marche plutôt bien. Alors dans ce cas-ci, surtout si ça commence à mal aller, il me sera plus facile de seulement me concentrer à terminer un tour et oublier qu’il en reste une infinité.

Ok, peut-être plus facile à dire qu’à faire…

Les conditions. Évidemment, pas de vent, pas de pluie, pas de neige, pas de glace. Mais quelle sera la température ?  Sur le site de l’événement, il est indiqué que le chauffage sera probablement fermé durant la nuit, permettant à la température du stade intérieur d’atteindre une valeur acceptable pour la course. On parle de 15 à 20 degrés. Or, il ne faut pas oublier que nos corps sont présentement habitués à combattre le froid, alors 20 degrés pour courir, ce serait peut-être un tantinet élevé à mon goût. Je ne devrai pas négliger l’hydratation, c’est certain.

Et que dire de la qualité de l’air ?  Une autre inconnue. Est-ce qu’il sera vicié ou il y aura une certaine circulation ?  À voir sur place.

La circulation. En tout, nous serons 34 sur la piste en même temps : 21 pour le marathon, 13 pour le 50k. Un petit calcul rapide permet de découvrir que quelqu’un qui court à 5:00/km fera 6 tours de piste pendant que la personne qui court à 6:00/km en fera 5 (mail quel grand mathématicien, quand même !). Ce qui veut dire un total d’une quarantaine de dépassements durant la course ! Imaginez s’il y a un petit vite qui fait le marathon à 3:45/km et qu’une autre personne va à 7:00/km. À 34 personnes…

Normalement, durant une course, quand un coureur plus rapide en dépasse un plus lent, ça arrive une seule fois et c’est tout. Au fur et à mesure que l’épreuve se déroule, les coureurs de même force tendent à se regrouper et les manoeuvres de dépassement se font de plus en plus rares. Aussi, il y a généralement assez de place pour passer. Mais là… Sans compter l’effet psychologique de se faire prendre plusieurs tours par la même personne. Bref, il va falloir dealer avec la circulation, quelque chose de tout nouveau pour moi qui n’ai jamais fait de course sur piste.

La musique. Je cours toujours dans le silence le plus complet car j’aime me perdre dans mes pensées. Or, on nous annonce de l’animation. En marathon, quand je passe devant un orchestre, mes sentiments à son égard sont mitigés. Si ça va bien, une bonne petite toune avec un bon beat, ça me pompe et je suis énergisé. Mais quand ça va mal, ça me tape sur les rognons. Les cuivres et les percussions ont le don de venir chercher une corde sensible…

Bref, je vais sortir de ma zone de confort et j’avoue que je ne déteste pas ça du tout. J’ai bien hâte de voir comment ça va se passer…

Petites vites de début d’année

Question de parler d’autre chose que du temps qu’il fait (avouez que ce n’est vraiment pas évident ces jours-ci, surtout quand le mercure grimpe, puis replonge de 25 degrés en l’espace de quelques heures avant de vouloir remonter en vue de la fin de semaine), voici ce qui a retenu mon attention au cours des derniers jours dans notre merveilleux petit monde des coureurs du froid et de l’humidité.

1- Marathon de Boston: la résilience (encore). Un petit coup d’oeil furtif à la liste des inscrits au prochain Marathon de Boston m’a confirmé ce que je savais déjà: la résilience des coureurs, ce n’est pas de la frime. Qu’il s’agisse de personnes connues ici (Éric Hoziel, Suzanne Gariépy), de coureurs connus  au Québec (Sébastien Roulier) ou ailleurs (Team Hoyt, Amy Rusiecki) ou de connaissances à moi, tous ceux qui étaient là en 2013 seront de retour en 2014.

C’est avec beaucoup de fierté que je me joindrai à eux à Hopkinton le 21 avril au matin.

2- Ultimate XC St-Donat. Les autobus jaunes s’emplissent rapidement !  Plus de la moitié des places sont déjà prises pour chacune des épreuves de 38 et 60 km après seulement une semaine d’inscriptions. Il serait étonnant que ces deux courses-là n’affichent pas “complet” d’ici au printemps.

3- Vermont 100. “Online registration opened on January 6th 2014. And the response was overwhelming !”. Ce sont les mots que l’on retrouve sur le site internet du Vermont 100. Et “overwhelming”, c’est le moins qu’on puisse dire !  J’ignore en combien de temps le 100 milles s’est rempli, mais à peine 4 heures après l’ouverture des inscriptions, il ne restait plus de place et la liste d’attente comptait déjà une trentaine de noms.

Je me demande bien ce que les organisateurs comptent faire pour les prochaines éditions, l’approche “premier arrivé, premier servi” n’étant peut-être pas la meilleure quant une épreuve devient trop populaire. Se voir refuser l’accès à une course pour cause de problème de connexion internet, ça doit être assez frustrant merci ! Je prédis l’instauration loterie pour l’édition 2015.

En ce qui concerne le 100k, la course que j’envisageais faire cette année, il reste encore une vingtaine de places au moment d’écrire ces lignes.

4- Pandora 24. C’est maintenant décidé, je ne serai pas de la fête à Silver Hill Meadow en juillet. Le but de m’inscrire au 100k était d’aller chercher de l’expérience en vue d’un 100 milles. Or, bien que cette course m’aurait été fort utile en ce sens, elle aurait représenté un investissement logistique et monétaire équivalent à la “vraie” course. De plus, je craignais d’éprouver un certain regret à la vue des 100-milers tout autour de moi.

Je mettrai donc le cap sur Prévost cet été. Mon but: effectuer des tests. Voir ce qui marche, ce qui ne marche pas côté alimentation, hydratation, vêtements, chaussures, etc. Le fait de pouvoir avoir accès à mes affaires à tous les 10 km me permettra de pouvoir m’ajuster en cours de route tout en étant pas mal moins exigeant pour l’équipe de support !  Je pourrai également tester ma volonté car après plusieurs heures passées dans les sentiers, il sera probablement tentant de sauter dans l’auto pour retourner à la maison !

Aussi, détail non négligeable, on ne m’a dit que du bien du Massif des Falaises et de l’organisation du Tour en octobre dernier.

5- La fin de saison. Encore une fois, toujours question d’y aller progressivement, pas de Virgil Crest pour 2014. J’envisage plutôt deux courses de 80 km / 50 milles: la Chute du Diable et mon Vermont 50 chéri que j’ai dû laisser tomber en 2013. Mais bon, j’ai encore le temps d’y penser, pas vrai ?

6- Face de bouc. Comme les valeureux Gaulois, je résiste, encore et toujours à l’envahisseur. Mais pour combien de temps encore ?  Maintenant, les réseaux que l’on dit sociaux sont partout et si on les évite, on finit par se priver d’informations très intéressantes. Ainsi, la très grande majorité des épreuves ont leur page Facebook sur laquelle ils publient les dernières informations pertinentes. Les infolettres arrivent souvent plus tard… quand elles arrivent. Dans certains cas, être un irréductible comme moi présente des inconvénients considérables. Par exemple, l’organisation des 6 heures Frozen Ass Mount Royal n’avait même pas de site web, l’inscription se faisant par Facebook uniquement.

Va peut-être falloir que je me fasse à l’idée…